HONORÉ VINCK

A L'ECOLE AU CONGO-BELGE
Un livre de lecture de 1935
Texte intégral



CONTEXTE CULTUREL
Les textes qui suivent se situent dans l'histoire coloniale du peuple mongo, vivant depuis des siècles dans leur habitat de la Cuvette Centrale, en pleine forêt équatoriale de la République Démocratique du Congo. Les mongo sont porteur d'une riche tradition d'art oral, qui naturellement trouve une partie de son inspiration dans la faune et la flore environnantes. Leurs sociétés sont structurée sur le modèle anarcho-patriarcal. Le christianisme y a fait son entré avec la colonisation belge et est représenté par les Protestants (Baptistes Américains et Evangélistes Anglais) et les Catholiques (Trappistes en 1895 succédés par les Missionnaires du S. Cœur en 1924.) La langue parlée en plusieurs formes dialectales appartient au groupe bantu (classification Guthrie C 61.)

Ce texte sera disponible en anglais dans quelques mois au même endroit que celui-ci. Il sera publié en français dans les Annales Aequatoria 22(2001) avec annotations et analyse.

FICHE TECHNIQUE
Buku ea mbaanda I (Livre de lecture). Vicariat Apostolique de Coquilhatville (Congo Belge). Missionnaires du Sacré Coeur. Batomami ba Boloko w'Oyengwa wa Yesu. Mbandaka 1935. Imprimerie: Brepols, Turnhout, Belgique, 90 pages, 13 x 19 cm.

Auteur: Anonyme, mais certainement de la main de Gustaaf Hulstaert qui, au moment de la composition du texte, était missionnaire catholique et directeur de l'école (primaire) des Huileries du Congo Belge (HCB, Hulme Lever) à Flandria (Boteka), Equateur, Congo.
Contenu : Inspiration dans la tradition littéraire mongo (fables, contes), histoire des peuples mongo, instructions religieuses catholiques, caractéristiques de l'école, scènes de la société (traditionnelle et moderne), moralités, faune et flore environnantes. Plusieurs fables et contes avaient été notés dans les écoles et villages desservis par Hulstaert. Plus tard certains ont été publiés dans Le Coq chante, périodique de la Mission Catholique de Coquilhatville et sont repris dans des publications de Hulstaert: Contes Mongo, ARSOM, 1965 ; Fables Mongo, ARSOM, Bruxelles, 1970 ; Contes d'Ogres Mongo, ARSOM 1971.

Editions: dans sa forme de 1935, il n'y a pas eu de réédition, mais une partie du contenu a été redistribuée dans d'autres livrets de lecture: Buku ea njekola eandelo la ekotelo II (Livre d'apprentissage (de la lecture et de l'écriture, Mbandaka, 1957) et III, 1953/1954 (cfr De Rop). Le livret fait suite à deux livrets d'apprentissage de lecture et écriture : Buku ea njekola eandelo la ekotelo I, Coquilhatville 1933, 128 pages, et Buku ea njekola eandelo la ekotelo II, Coquilhatville 1933, 102 pages et il sera suivi d'une grammaire Etsifyelaka I, Coquilhatville 1937, 35 pages, Etsifyelaka II, Coquilhatville 1937, 64 pages et Etsifyelaka III, Coquilhatville 1945, 103 pages. Tous du même auteur.

Tendance: L'auteur a eu en main les livrets de lecture préparés par les Frères Maristes, les Dominicains et les Frères des Ecoles Chrétiennes (et aussi ceux des Capucins de 1'Ubangi? des Scheutistes de Lisala ?) mais le contenu de son livret est entièrement original. Comme l'auteur, le manuel se situe grosso modo dans l'option indigéniste qui prône le respect des cultures des peuples à coloniser, par opposition à l'option assimilationiste qui veut intégrer les peuples colonisés de manière intégrale dans la culture occidentale et qui est représentée par la majorité des livrets scolaires de l'époque.

Influence: Rien de ce livret n'a été repris par d'autres publications hors de celles dirigées par les Missionnaires du S. Cœur à Mbandaka, Vicariat Apostolique de Coquilhatville (entre Mbandaka et Ikela). Pendant quelque temps dans le Vicariat de Basankusu le livret a été utilisé dans les écoles de régime linguistique mongo. Les Missions d'Inongo et des Ndengese l'ont utilisé pendant une brève période (+/- 1940). en guise d'essai.

Extraits publiés dans le Florilège, Annales Aequatoria 19(1998), p 3-166.
(1) Leçon 17, p.12: Lolaka lokiso (notre langue); (2) Leçon 28, p.19: Bola bokami (mon village); (3) Leçon 96, p.60-61: Benanga bya Kongo (les peuples du Congo); (4) Leçon 102, p.64-65: Nkundo (les Nkundo); (5) Leçon 125, p.79-80: Batswa (les Pygmées Batswa); (6) Leçon 100, p.63: Bonkonji okiso oa Yongo (notre chef suprême).

Langue: La langue utilisée dans les textes est le lomongo dans sa forme parlée aux alentours de Boteka, ce qui deviendra le lomongo standard. (G. Hulstaert, Dictionnaire Lomongo-Français, 1957 et Grammaire I,II,III, 1964-1967) Proche du lomongo utilisé par les écoles des Protestants de Bolenge et de Bongandanga.

Références: Archives Aequatoria, Livrets en langues africaines, Lom 3.2/3; Microfiches: LAL 184-185; Présence au Soas, M. Mann et V. Sanders, A Bibliography of African Language Texts, H. Zell Publishers, London 1994, n° 3699; Autres: Archives MSC-Borgerhout (B).

La Traduction intégrale a été réalisée dans le Projet Jewsiewicki, n. J.4.
Dans notre texte sont resté un certain nombre de mots lomongo sans traduction parce que souvent n'ayant pas d'équivalant en français. Ce sont principalement des termes techniques (zoologique ou botanique). Ils peuvent être vérifiés dans G. Hulstaert, Dictionnaire Lomongo-Français, Tervuren 1957.

Pas d'illustrations.

BIBLIOGRAPHIE

(1) Concernant l'auteur Gustaaf Hulstaert
-H. Vinck, In Memoriam Gustaaf Hulstaert, Annales Aequatoria 12(1991)7-76
-H. Vinck, Gustaaf Hulstaert, International Dictionary of Anthropologists,(C. Winters, éditeur) Garland, New York, 1991, 313-314
- H. Vinck, Biographie Belge d'Outre-Mer. Volume VIII Bruxelles, 1998, Gustaaf Hulstaert, c. 182-186.
(2) Concernant les manuels scolaires coloniaux :
Voir sur Abbol, African Schoolbooks Project, Bibliography
-A. De Rop, Bibliografie over de Mongo, ARSC, Bruxelles, 1956
- H. Vinck, Terminologie chrétienne en lomongo, CEEBA, Série III, 8; Bandundu 1983, 55 pages
- H. Vinck, Terminologie scolaire en lomongo, Annales Aequatoria 11(1990)281-325
- H. Vinck, The Influence of Colonial Ideology on School Books in the Belgian Congo Paedagogica Historica (Gent), 23(1995)2,355-406, [Aussi sur http://www.abbol.com/]
- H. Vinck, Le concept et la pratique de l'autorité tels qu'enseignés dans les livrets scolaires du Congo Belge, Revue Africaine des Sciences de la Mission, Kinshasa 1997, n°6, p. 115-128
- H. Vinck, Manuels scolaires coloniaux. Un Florilège, Annales Aequatoria 19(1998)3-166. [Sur le site web du http://www.abbol.com/ [Voir : (quatoria Schoolbook Project]
- H. Vinck, Théories racistes dans les livrets scolaires du Congo Belge, Revue Africaine de Théologie, 1998(Kinshasa) N° 43, 104-115
- H. Vinck, Livrets scolaires au Congo Belge. Méthodes d'analyse et herméneutique. History in Africa, Boston, 1999, 379-408
- H. Vinck, De studie van het schoolboek in Belgisch Kongo, Mededelingen der Zittingen, Kon. Academie voor Overzeese Wetenschappen, 46(2000)83-100
- H. Vinck, Le mythe de Cham dans les livrets scolaires du Congo Belge, Canadian Journal of African Studies 33(1999)2-3,642-674
























Traduction du Lomongo du BUKU EA MBAANDA I.

PREMIER LIVRE DE LECTURE.
VICARIAT APOSTOLIQUE DE COQUILHATVILLE (CONGO BELGE)
MISSIONNAIRES DU SACRE COEUR. BATOMANI BA BOLOKO W'OYENGWA WA YESU. MBANDAKA 1935.

1. LIVRE DE LECTURE.
Nous avons terminé avec les deux premiers livres de lecture. En voici le troisième que nous débutons.
Les choses les plus diverses sont écrites en dans ce livre. Mais nous ne lisons pas en vitesse. Lisons les choses qui sont là avec intelligence et attention. Réfléchissons sur ces choses, elles nous donneront une nouvelle connaissance. Il est bien de chercher toutes les explications de toutes les choses pour que nous ayons une augmentation de notre propre connaissance. Il y en a des choses concernant Dieu que nous allons lire avec respect, foi et humilité. D'autres choses concernant le monde qui ont leurs propres explications. Beaucoup de contes sont là. Ils nous apprennent comment nous comporter et comment vivre pacifiquement en société. Toutes ces choses ne peuvent pas passer dans le cerveau sans y rester comme l'eau qui passe dans le tuyau. Conservons et préservons ce que nous lisons par des bons et sages enseignements.

2. JESUS NOTRE REDEMPTEUR.
Jésus est notre rédempteur. Il est Dieu le Fils. Mais il est devenu homme pour nous racheter du péché. Marie était sa mère. Elle était une très bonne femme. Elle servait Dieu avec force et grand amour. Elle n'avait pas un mari, elle ne voulait pas se marier, elle voulait simplement servir Dieu. Elle ne voulait pas des choses du monde. Ce n'est qu'avec la permission de Dieu qu'elle avait un mari. Pour son amour de la chasteté et pour sa modestie, Dieu l'a choisi d'être sa mère.
Le fils de Dieu s'est fait homme pour nous sauver du péché et nous racheter de l'esclavage du démon. Tout le monde était dans cet esclavage depuis que Adam et Eve, le père et la mère de toute l'humanité désobéissaient à Dieu dès le début.
Jésus nous a sauvé par ses actes et par ses souffrances. S'il n'était pas venu au monde faire ses actes et souffrir, nous tous nous serons les esclaves du diable même actuellement, et nous tous nous serons dans des souffrances sans fin dans l'enfer et aucune personne n'arriverait au ciel. Toute bonté que nous avons, nous le recevons par lui.
Quel grand amour Dieu nous a-t-il montré qu'il a voulu souffrir pour nous. Comme il nous a ainsi beaucoup aimé, nous devons l'aimer aussi. Ne l'offensons pas, ne soyons pas désobéissants envers Lui comme au début.

3. LES ANIMAUX DE NOS FORETS.
Il y a beaucoup d'animaux dans nos forêts. Dieu les a créés pour le bien des personnes. Les animaux nous donnent leurs viandes que nous mangeons. Quelques animaux sont féroces comme l'éléphant, le léopard, le sanglier, le chimpanzé et certains serpents. Les animaux se divisent en différents groupes. Les uns avec des queues comme des singes: nsoli, mpunga, ngila, jofe, mbeka, et d'autres. Quelques autres ont des queues comme le léopard, et ses petits: le chat-sauvage, l'onkono, lowa et la civette. D'autres animaux ont des cornes et de courtes queues tels que antilopes bofala, boende, mpambi, mboloko, mbuli, lisoko et mpanga. Quelques animaux ont des poils et d'autres ont des écailles. Les animaux qui ont des écailles sont la tortue, la tortue de marais, la tortue aquatique, le pangolin, le caïman, le crocodile, mbanda, le crocodile de marais, le varan, et le lézard. Il y an un grand nombre de petits animaux. D'autres espèces sont écureuils, bimpempe, basile, batoko, la souris, le rat, bankengi. Il y a quelques animaux dans l'eau, d'autres sur la terre. Les animaux aquatiques sont la tortue de marais, la tortue aquatique, le caïman et ses petits, l'hippopotame, le varan, la fausse loutre, et plusieurs sortes de poissons. Certains animaux ont des ailes comme les oiseaux, la petite chauve-souris, l'écureuil volant, la grande chauve-sauris et la chauve-sauris. Il y a beaucoup de sortes de serpents. Certains d'entre eux sont venimeux. S'ils vous mordent vous ne serez guéris qu'avec une grande intervention spéciale. Il y a d'autres groupes d'animaux. Mais nous ne pouvons pas les compter tous.

4. LE CHIMPANZÉ ET L'HOMME. (publié dans Fables mongo, n° 8, p.32-53)
Le chimpanzé et l'homme étaient camarades. L'homme dit: "Cherche pour moi des bêtes, et ce que tu voudrais de chez moi, tu viendras le rechercher chez moi". Et le chimpanzé donne son accord. Il dit: "Vas, s'il fait soir, tu viendras chercher des bêtes". Et l'homme partait. Le chimpanzé allait à la chasse. Il tuait un mboloko et un boende; il coupait la viande en petits morceaux et faisait un petit paquet; il allait à la selle et faisait un très grand paquet. Et ils sont venus se rencontrer selon leur promesse. Et le chimpanzé dit: "Choisis le paquet que tu veux". Et l'homme prenait le gros paquet de selles. Il voulait partir. Et le chimpanzé dit: "Attends-moi que j'emballe bien le paquet". Et il se tient debout. Et le chimpanzé déliait le paquet, dit à l'homme: "Regarde-moi". Et le chimpanzé prenait ce paquet de selle et le lui jetait dans la figure.

5. LA CONVERSATION DE LOUIS ET ANDRÉ.
Louis: André, ne veux-tu pas étudier?
André: Mon ami, moi je ne veux pas la classe!
Louis: Pourquoi tu n'aimes pas la classe?
André: La classe est une mauvaise chose. Là il est impossible de jouer. Si tu causes avec les amis, ils te réprimandent. Le maître ne te donne point l'occasion de causer. Il ne fait que te commander. Tu dois travailler. Il ne veut pas que tu restes sans travail, que tu te reposes. Moi je ne veux pas.
Louis: Pourtant même toi tu parles comme un enfant sauvage. Alors n'as-tu pas encore reçu de l'intelligence?
André: Qu'est-ce que l'intelligence?
Louis: En classe, on nous enseigne toute intelligence. Le jeu est une bonne chose. Mais si durant toute une journée, on ne fait que jouer, quand est-ce que nous aurons le bien-être? Actuellement au monde, tu ne peux pas avoir quelque chose sans enseignements et travaux. Quoi qu'on nous défende de parler, de causer, de jouer, et d'être paresseux en classe, on le fait pour notre bien. Comment étudier dans le tapage et jeux?
André: Si on ne nous traite pas ainsi, si on ne nous maltraite pas en classe, même moi je pouvais y aller. Mais ainsi je n'y vais pas.
Louis: Comment! Tu aimes la poule, tu ne veux pas la fiente. Si tu ne veux pas étudier en ce moment, c'est ton affaire. Moi je ne laisse pas d'aller en classe. Je veux avoir de l'intelligence et je ferai de bons travaux par après, des travaux avec intelligence. Et comme çà tu resteras comme un fantôme.
André: Je ne veux pas être un fantôme, même moi, je m'en vais en classe.

6. LE PYTHON AU PIÈGE.
Un travailleur allait dans la forêt, et il tendait ses pièges. Le soir il retournait dans la forêt pour inspecter des pièges. Il trouvait un animal pris dans son piège. Il regarde et il voit qu'un grand python y est pris. Il tremble. Mais immédiatement il se réjouisse; " aujourd'hui, j'aurai de la viande ". Il tire son couteau, et il dépèce le python. Le python est blessé et après peu de temps, il meurt. Et le travailleur le prend, appelle ses amis pour le transporter au village. Quel poids cette bête! Quelle quantité de viande cette journée. La pénurie est terminée.

7. LA PROPRETE.
Ne voyez-vous pas comment la poule et tous les oiseaux nettoient leurs corps chaque jour? Ils peignent leurs plumes avec leurs becs.
Regardez le chat, il nettoie sa figure, il enlève la saleté et les crasses. Il nettoie aussi ses petits. Il lèche les poils avec soin. Il ne va pas à la selle dans la cour, mais il les enterre.
Nous les hommes ne surpassons-nous pas les chats, les oiseaux et tous les animaux en intelligence? Et pourquoi nous ne nettoyons pas nos corps? Si nous ne sommes pas propres, si nous sommes malpropres, nous surpassons les animaux en imbécillité!
La malpropreté produit beaucoup de maladies du corps mais la propreté augmente la santé. La malpropreté produit des gales, des rognes, des pus et des abcès. Les chiques et les poux aiment des gens répugnants.
Fuis-tu l'eau? Penses-tu que tu finiras toutes les eaux par ton lavage. Enlève des chiques qui entrent aux pieds, si non tu deviens un infirme ou un boiteux.
Couds les habits déchirés. S'ils sont sales, laves-les. Si tu ne fais pas ainsi, tu es négligeant, et les gens te sentiront répugnant et puant.
Les herbes sur la cour sont des abris de moustiques. Ces insectes pondent leurs œufs dans des boîtes et tessons de pot contenant de l'eau.
La propreté du corps est l'aide de la pureté de l'âme. Si tu te dérobe du nettoyage du corps et de la mise en ordre dans l'habitation, comment tu auras la vigueur de purifier ton âme? Si tu ne répares pas les choses que tu vois avec les yeux comment tu réparerais les choses que tu ne vois pas?

8. LA TORTUE.
La tortue n'est pas comme les autres animaux. Elle ressemble à la tortue de marais et à la tortue aquatique. La tortue n'a pas de poils. Elle n'a que deux carapaces, qui couvrent son corps. Elle peut retirer la tête, les pattes et l'extrémité entre ses carapaces. Elle se couche tranquillement, et elle se montre comme une pierre, tu ne diras pas que c'est un animal. Ces carapaces sont fortes. La tortue vit avec elle. Si tu veux attraper la tortue, sois attentifs, ne te coince pas, ne t'écrasera les doigts. Elle n'est pas grande mais elle ne meurt pas sans raison et elle sait tromper les autres animaux.
La tortue mange des champignons de la forêt. Elle pond des œufs comme les lézards, les caïmans et les serpents.
Beaucoup de contes nous renseignent les trucs de la tortue. Elles contiennent des sages enseignements pour nous les hommes. Elle ne gagne pas une palabre avec la vigueur et la force de son corps. L'intelligence surpasse la force de son corps. Et aux yeux de Dieu c'est la même chose: tu auras le bonheur après cette vie si tu travaillais avec sagesse sur terre.

9. DES CHOSES QUI NE SONT PAS IGNOREES.
La maison en terre n'est pas de briques.
La chaise en claies n'est pas en planches.
Les bières de cannes à sucre ne sont pas celles de bananes.
Les terres claires ne sont pas noires.
La coupe en terre n'est pas en tôle.
L'huile de palme (fraîche) n'est pas cuite.
Le bondenge de l'Europe n'est pas celui du Congo.
Le grand lézard n'est pas le varan.

10. LES PLANTES.
Les arbres, les lianes et les herbes sont très répandues dans notre pays. Ils fleurissent bien et avec vigueur. La forêt a beaucoup de sortes d'arbres. Des lianes y abondent. Les herbes poussent partout: dans la forêt, dans la cour, aux champs, aux clairières. Elles ont leurs propres forces: tu ne peux pas les tuer pour toujours. Quoique tu les brûles avec du feu, bien que tu les arraches, elles repoussent encore, et elles grandissent, et elles se répandent.
Mais elles n'ont pas d'intelligence, elles n'ont pas de pieds, elles n'ont pas de bras pour travailler; Où reçoivent-elles la force et la vie?
C'est bien Dieu même qui les aide, c'est Lui qui les sauve. Elles n'ont la croissance que par Lui. Il leur fait pousser des racines pour qu'elles puisent la sève dans le sol. Sur leurs troncs, il fait pousser des branches et des feuilles par lesquelles elles sentent l'éclairage du soleil et les vents du ciel.

11. LES PLANTES (fin)
Elles produisent leurs rejetons, notamment des bourgeons et des fleurs. Quelques-unes d'entre elles ont de très belles fleurs. Jésus lui-même avait dit: "regardez les herbes, elles ne travaillent pas, elles ne tissent pas d'habits, et Dieu leur père les embellit. Même Salomon dans toute sa gloire n'a pas été vêtu comme une seule fleur".
Des fleurs et bourgeons ont d'autres choses plus petites à l'intérieur. N'avez-vous pas vu se poser sur les fleurs des abeilles (bifongo), des petites abeilles noires (mpokoki) et des petites abeilles (nkindatoi) et quelques autres insectes? Elles viennent chercher ces choses. Ces choses sont très sucrées. Ils les transforment en miel, elles deviennent des morceaux de gâteaux de miel (bikeenge), miel (ngee) et d'autres choses encore. Ils élèvent leurs petits avec cela. Les fleurs et les bourgeons produisent encore des graines.
Certaines graines ont des bonnes chairs, nous mangeons: comme les fruits du bondenge, les safous, les fruits de palme, les fruits de bondongo, les fruits de bondole, les fruits de bofunga, les fruits de boimbo, les fruits de bofambu, les fruits de botofe, les papayers, les ananas, les oranges et beaucoup d'autres fruits.
Si elles sont mûres, les grains se répandent ou par le vent ou par les oiseaux, ou par des gens qui les ont mangées. Et puis elles repoussent, et produisent à nouveau des arbres, des lianes, des herbes, chacune suivant sa sorte.
C'est vrai, le Créateur du monde surveille bien son œuvre. Il veille qu'elles ne s'abîment pas. S'il fait ainsi avec amour pour les choses qui n'ont pas d'âme, qui n'ont pas d'intelligence, ne le fera-t-il pas en premier lieu pour nous, ses enfants?

12. LE CORBEAU PERSEVERANT.
Une année, il y avait une très grande saison sèche. Tous les ruisseaux étaient desséchés. Un certain corbeau avait une soif terrible et il n'avait pas trouvé de l'eau dans des ruisseaux et aux étangs. Il avait seulement trouvé une bouteille avec de l'eau, mais l'eau n'y était qu'en petite quantité, et la bouteille n'avait qu'un très petit goulot.
Le corbeau cherchait de faire pénétrer son bec et sa tête dans la bouteille, il n'y réussit pas. Et il s'envolait, il cherchait de petites pierres, et il les laissait tomber dans la bouteille. Lentement l'eau monte dans la bouteille. Après cela l'eau arrivait à la bonne hauteur et la bouteille était remplie.
Le corbeau se réjouissait, il buvait de l'eau comme son cœur lui en disait et il a pu bien apaiser sa soif. Si ce corbeau n'avait pas essayé, s'il avait dit: je n'arriverai pas à l'eau, je ne le pourrai pas, il serait déjà mort de soif. Mais comme il travaillait avec persévérance, il trouvait un chemin.

13. NOTRE FOI.
Jadis, quand les Blancs n'étaient pas encore arrivés dans notre pays, nous n'avons pas bien su des choses de Dieu. Nos ancêtres étaient égarés complètement. Mais quand certains peuples européens connaissaient la doctrine de Jésus Christ qui enseignait la route du ciel, et quand des prêtres arrivaient dans notre pays et nous enseignaient les choses de Dieu, notre égarement était fini.
Maintenant nous avons commencé à connaître la doctrine de Dieu. Nous acceptons toutes les choses qu'il nous a montrées, et ce que l'Eglise nous enseigne. Nous devenons ses enfants. Nous gardons notre foi avec soin. Nous ne nous tromperons plus. Nous gardons les choses de Dieu et nous les propagerons à d'autres personnes.
Nous aimons notre foi, et nous remercions l'Eglise qui nous a envoyé des prêtres pour qu'elle fasse de nous ses enfants. Nous sommes les enfants de l'Eglise et nous aimons notre mère avec un vrai grand amour.

14. L'ARDOISE.
L'ardoise est un objet classique, son travail est d'être un support d'écrits. L'ardoise a quatre cotés, deux cotés sont courts, deux sont longs. Certaines ardoises ont des encadrements, qui ont été faits par des planchettes. Le milieu se fait par une sorte de pierre de l'Europe. On met ces encadrements de bois pour que, quand l'ardoise tombe sur le sol, elle ne se casse pas. Mais les enfants intelligents ne laisseront pas tomber leurs ardoises.
Certaines ardoises n'ont pas d'encadrements de planchettes. C'est une sorte de papier fort qui a été coloré avec la couleur noire.
L'ardoise a deux faces. La plupart d'elles ont une face de lignes parallèles et dans une autre des lignes quadrillées. Nous faisons l'écriture sur les lignes et le calcul et le dessin sur les carrés.
Nous écrivons sur l'ardoise avec un instrument d'écrire sur l'ardoise, que nous appelons la touche. Nous n'effaçons pas les mots que nous avons écrits par le crachement des salives, mais avec un petit linge mouillé dans un peu d'eau.

15. LA TOUCHE.
La chose que nous appelons la touche est un instrument pour écrire sur l'ardoise. La touche est longue mais elle n'est pas grosse.
On fait la touche avec une autre sorte de pierres, c'est la même qu'avec laquelle on fabrique l'ardoise. La touche a une base et une pointe. Nous écrivons avec la pointe. Nous taillons la touche avec un canif. La base de la touche est enveloppée par un papier diminuée et elle se raccourcit, on la met dans une porte-touche.

16. LA TORTUE ET L'ANTILOPE NAINE.
Il avait la tortue et l'antilope naine qui discutaient. La tortue dit: "moi je te surpasse en vitesse". L'antilope naine riait: "Toi orgueilleuse; moi j'ai de longues pattes; toi tu as de petites pattes courtes". Et elle se moquait beaucoup d'elle. La tortue dit: "Essayons, courons nous deux, et puis voyons qui arrivera la première". Et l'antilope naine accepta. Et elles étaient parties.
L'antilope naine pensait dans son cœur "Cette tortue qui ne sait pas marcher, je vais d'abord un peu manger. Cette laide tortue si elle s'approche, je courrai, et tous les gens s'étonneront de ma vitesse.
Mais la tortue commença à marcher lentement, elle ne s'arrêtait pas en route, elle marchait avec persévérance, sans arrêt. Au moment où la tortue s'approchait de l'endroit convenu, l'antilope naine courrait sans arrêt, mais n'arrivait pas, et c'était la tortue qui arrivait la première. Et l'antilope naine mourait de honte aux yeux de tous les gens.

17. NOTRE LANGUE.
Dieu donna une langue aux gens pour qu'ils la parlent (2) et pour qu'ils cohabitent comme des parents et des camarades sur la terre, qu'ils s'entretiennent avec d'autres personnes, et pour que les uns apprennent aux autres toutes les bonnes choses. Chaque contrée a sa langue. Il y a plusieurs langues dans le monde. Chaque langue a son propre système de fonctionnement. Toutes sont bonnes.
Nous avons notre langue le lonkundo. Certains la nomment lomongo sur les terres au bord de la rivière Lolango ou Lulonga, à savoir le terroir de Basankusu. Qu'il s'agisse du lonkundo ou du lomongo, ce n'est qu'une même langue. D'un village à un autre, notre langue a des variantes. Mais nous nous comprenons clairement. Ces variantes sont de moindre importance.
Certaines personnes, et les Blancs et les Noirs parlent d'autres langues. Une certaine langue que parlent les Blancs et leurs associés est même parvenue ici chez nous. La langue en question, c'est le lingala.
Même si certaines personnes apprécient bien le lingala, nous n'apprécions que notre langue le lonkundo. Cette langue à nous est très agréable, elle comporte beaucoup de réalités rationnelles. Nous l'apprécions beaucoup, cette langue nous a été transmise par nos ancêtres. Notre 1angue a sa beauté. Nous pouvons exprimer toutes les réalités. Nous apprécions notre langue et nous y restons attachés avec amour.

18. L'AIGLE.
L'aigle est un grand oiseau. Il est le premier de tous les oiseaux qui se trouvent dans notre pays. Il a le pouvoir sur tous les oiseaux par sa puissance.
L'aigle est un oiseau colossal. Tous les oiseaux le fuient.
L'aigle a de longues ailes. Ses plumes sont belles et mouchetés. Il a un bec très puissant. Ses mollets sont grands. Ses serres sont fortes. Avec ses serres il attrape des oiseaux et des singes comme le nsoli, le mpunga et des animaux tels que l'antilope naine et le mpambu. Il les transporte en haut avec ses serres sur de longs arbres sur lesquels il construit son nid.
L'aigle est aussi un voleur. Il ravit à certains animaux leurs aliments.
Certains aigles se trouvent sur les rives du fleuve. Ils attrapent des poissons. Mais quand certains oiseaux attrapent des poussins, des aigles les leur ravissent.
Des aigles construisent leurs nids sur de très hauts arbres. Ces nids sont forts.
Des aigles vivent très longtemps. Ils vivent des années et des années, jusqu'à une centaine.

19. LA FABLE DE BALUKA. (Version légèrement différente dans G. Hulstaert, Contes Mongo, nr 71, p.264-267)
Il y avait une femme: elle était mariée; cette femme s'appelle Baluka. Elle s'enfuyait; elle était partie vers son village. Mais la forêt qui se trouvait entre le village de son mari et son village à elle était très éloigné. Baluka avait une petite fille, elle l'a transportée dans une écharpe. Elle partait le soir en grande colère. Quand elle arriva au milieu de la forêt, le soleil s'est couché. Elle dit: "je ne peux pas me promener la nuit, je me couche avec mon enfant dans la forêt, et je continuerai demain". Il y avaient dans cette forêt qui poursuivaient les hommes. Cette femme était entrée dans une maison. Il faisait obscur. Encore baluka s'assied avec l'enfant; elle voit un homme entrer dans la maison. L'homme ne savait pas qu'il y avait quelqu'un. Cet homme s'assit. Il prit l'allume feu de son sac, il frotte. Baluka était trop triste et eût peur. Le regret au cœur elle dit: "je n'ai pas voulu rester chez mon mari, qu'est-ce que j'ai fait? Au moment où il prend l'allume feu, s'il s'enflamme, je vais ouvrir".Baluka regarda sur l'étagère; un morceau d'arbre à laquelle on bat les bananes était là. Baluka dit: "au moins que je le prenne et que le frappe sur la tête, ou il me tuera". Baluka prit courage, prend le morceau de l'arbre de bananes et frappa cet homme sur la tête! L'homme vu qu'il y avait beaucoup de gens, s'enfuit, laissa l'arc et flèches et l'allume feu tomba et s'évanouit et mourut. Baluka quitta cette maison, elle alla au village toue la nuit. Elle arriva. La famille la demanda: "Y a-t-il quelque chose?" Elle dit: "Oui, je me suis battu avec mon mari ainsi je suis fâché et puis je suis revenue, je voulais dormir dans la forêt, et un bandit voulait me tuer. Mais cet homme ne m'avait pas aperçu. Moi je l'ai frappé avec un morceau à laquelle on bat de bananes au cou et il a couru, et je ne sais là où il est mort. Mais cet homme tuait beaucoup de gens". La famille s'étonna et dit: "Cet homme tua beaucoup des gens et toi tu as risqué la mort". Ils se couchèrent. Le matin le père de Baluka battit le gong, appela tous les gens. Ils arrivèrent avec des arcs, ils appelèrent Baluka qu'elle leur parle et montre cet endroit. Ils partirent et regardèrent, cet homme traîner par terre, il était mort. Et Baluka retourna au village de son mari.

20. L'IGNAME.
Deux élèves, Eale et Bombolo, se trouvent sur la cour de l'école. Eale dit: "En ce moment que nous n'avons pas cours, il est bien que nous allions dans la forêt pour chercher à manger". Bombolo accepta et dit: "Vas, partons à la recherche des ignames". Eale dit: "A quel endroit trouve-t-on beaucoup d'ignames?". Bombolo dit: "Elles sont nombreuses dans le défrichement du père qui se trouve au-delà du ruisseau, là où se trouve cet arbre parasolier touffu; elles sont en abondance là dans la pente".
Ils partirent, descendirent dans le ruisseau. Dans le marais Eale vit un crabe dans un autre étang; Il l'attrapa. Ils sortirent de l'eau. Bombolo dit: "Regarde cette igname comestible, déterrons la". Et ils la déterrent. L'igname comestible est bonne. Regarde sa tige d'épines. "Oh, mon habit s'est accroché aux épines, il s'est déchiré". Vraiment ils parlent la vérité; une bonne nourriture ne manque pas des mauvaises choses. Il n'y a rien! Ne laissons pas un bon acte pour la souffrance.
Eale et Bombolo déterrent beaucoup d'ignames et retournèrent. Ils préparèrent quelques-unes, partagèrent d'autres aux amis, et donnèrent le reste à leur maître qui l'éduque.
Le maître apprécia leur amour et leur diligence. Le matin durant la leçon il demande les sortes d'ignames. Ils ne se trompaient pas, ils disent: "Maître, il y a beaucoup de sortes d'ignames; baonga, bentombo, bikolo, bakakoo, bikufe tous ceux là ont des épines. Qui n'ont pas d'épines sont bakolonga et byoli.

21. COMMENTATEUR.
Louis et Jean sont des amis. Un jour Louis vint chez Jean en disant: "Ami, j'ai vu une affaire étonnante!". Jean demanda: "Laquelle?". Il dit: "J'ai vu un troupeau de cinquante chiens qui se battaient, se disputaient un os". Mais Jean connaissant la manière de son ami ne s'est pas étonné, il dit: "Ami, pourquoi exagères tu? Cinquante chiens, que penses-tu?" Louis répondit: "En vérité ils étaient quarante". Et Jean dit: "Laisse un peu, ils n'étaient pas beaucoup ainsi". Louis dit: "ils étaient peur-être trente". Jean dit: "Laisse les mensonges, ils n'étaient même pas trente". Louis dit: "Bien oui, mais en vérité, ils étaient un grand troupeau peut-être cinquante". Jean dit: "Non non, je n'accepte pas ces mensonges". Et Louis: "Avec mes propres yeux, j'ai vu vraiment cinq chiens". Jean le conseilla, dit: "Tu vois, tu exagères trop; tous les gens se moquent de toi pour cette affaire; Cesse d'exagérer des choses".

22. NOTRE PERE DU CIEL.
Dieu est le Père de nous tous. Il n'est pas un père cruel. Il est amour envers chacun de nous. Il nous a créés. Il nous garde en vie. Il nous nourrit. Du côté de l'âme, l'amour surpasse comme l'âme surpasse beaucoup le corps. Il nous a donné l'intelligence et la volonté. Il nous a enseignés ses propres choses. Mais ce qui est de plus grand, il livrait son fils unique pour nous sauver de l'esclavage du démon. Il nous a sauvés des souffrances sans fin. Il nous a procuré le ciel avec ses actes et ses souffrances; chaque personne qui accepte ces choses ne périra pas aux enfers, mais il aura le bonheur éternel.
Dieu nous enseigne le chemin du ciel par ses commandements. Beaucoup de gens pensent que des commandements de Dieu sont difficiles, souffrants et ennuyeux. Ils se trompent vraiment. Pour cela Dieu nous montre la route sans égarer.
Malgré le fait que nous nous étions égarés à un certain moment, il nous a laissé l'occasion de nous repentir. Si nous refusons des péchés par lesquels nous lui avions offensé, nous nous convertissons, il ne sera pas impitoyable, il aura pitié de nous.

23. LA CLASSE.
Notre classe est une maison. Ils l'ont construite avec des briques. A l'intérieur ils ont crépi les murs avec de la terre, et ils les ont enduit de kaolin. Au sol ils ont fait un pavement. Ils ont couvert son toit avec des chaumes.
Nous nous asseyons en classe, sur des bancs que les menuisiers ont assemblés avec des clous. Ces bancs ont un pupitre pour mettre des objets classiques et un banc pour nous asseoir dessus. Dans le pupitre il y a un trou pour un encrier.
Une croix est suspendue au mur de devant, pour que nous fassions nos travaux dans le respect de Dieu, n'oublions pas ses conseils qui surpassent tous les conseils du monde. Le tableau noir sur lequel le maître écrit est là.
Tous les murs ont des images pieuses et autres qui nous expliquent les leçons. Dans les murs il y des grandes fenêtres pour que nous ne restions pas dans l'obscurité.
Il faut de la tranquillité, et il n'est pas bon de faire de causeries. Etudions les leçons avec persévérance, écoutons les choses que dit le maître avec respect et tranquillité.

24. LA POULE.
Tout le monde aime les poules. Nous les trouvons dans tous les villages. Chez certains peuples les poules sont grandes, chez d'autres elles sont petites.
La poule est un oiseau. Elle a des plumes et duvets. Elle a deux ailes. Les deux pattes de la poule ont des orteils. Les orteils ont de vigoureuses griffes avec lesquelles la poule ratte la terre à la recherche d'insectes.
Le bec d'une poule a une crête, elle commence dans le bec et termine au front. Le coq chante; le matin il réveille les gens. La poule caquette. Elle pond des œufs. Les œufs sont de bonnes nourritures à manger. Mais si les gens ne les ravisent pas, la poule les couve, elle les fait éclore. Elle couve les œufs et deux semaines après les poussins sortent. Ils sont petits et faibles. Et peu après, ils sont solides, ils ne font pas longtemps pour devenir des poulets. Des poussins circulent avec leur mère, et la mère attrape des insectes pour eux. Elle les garde avec soin. Elle les fait fuir, les cache sous ses ailes là où l'épervier voltige. L'aigle ou l'épervier est un très grand ennemi des poussins. Ils aiment ravir les enfants à leur mère. Ils les attrapent, les mangent. Ils sont comme des démons qui veulent nous ravir nos âmes, ils nous laissent tomber dans des souffrances. Fuyons, cachons-nous aux ailes de notre mère, l'Eglise, ainsi nous vivrons.

25. LA FABLE DE L'INFIRME.
Dans un village il y avait beaucoup de gens. Et il y avait un infirme. Et ils entendirent la nouvelle d'une bataille. Et l'infirme dit: "Vous tous les gens allez vous cacher au cimetière, moi l'infirme je reste". Et il resta. Et puis l'armée sort et cherche des gens, rien; et puis se promène un peu, ils trouvent l'infirme assis et les gens de la bataille disent: "Infirme, montre-nous tous les gens". Et puis il dit: "Moi je ne connais que des gens qui sont allés au cimetière". Et les gens disent: "Nous n'allons pas au cimetière, les gens qui sont au cimetière sont morts". Et l'infirme dit: "Moi, je ne connais pas d'autres gens, je connais que ceux-là" et puis l'armée dit: "Non, nous ne savons pas; montre-nous là où ils sont allés". Et ils lui mirent la sève du Bokungu. Et puis l'infirme dit: "Vous allez me mettre le Bokungu et je n'ai pas caché des gens; je dis que je ne sais pas des gens qui ont pris fuite, je ne connais pas des gens qui sont allés au cimetière, cela ne fait rien! Mettez-le-moi". Ils le mirent. Et l'œil ne creva pas, et ces gens disent: "L'infirme n'a pas menti, il ne connaît que des gens qui sont au cimetière". Et ils disent: "Infirme regarde, nous partons au cimetière et tu restes, tu n'es pas menteur; tu es l'infirme, tu ne connais ceux qui sont au cimetière". L'armée partit, les gens qui avaient fuit arrivèrent. Et l'infirme leur dit comment cela s'était passé avec l'armée. Et ces gens honorèrent l'infirme, et ils étaient contents. C'est fini.

26. L'EGLISE.
Le maître et les élèves sont en train de causer. Les élèves disent: "Maître, nous sommes les enfants de l'Eglise". Le maître dit: "Tous les chrétiens sont les enfants de l'Eglise. Mais toi Esale, connais-tu la signification de l'Eglise? Esale dit: "Oui maître, le Père m'a enseigné, m'a expliqué que l'Eglise est un groupe de tous les gens qui on reçu le baptême, qui acceptent la doctrine de Jésus comme nous enseignent les autorités de l'Eglise sur le commandement de Jésus même". Le maître était content de la réponse de Esale. Il dit: "C'est comme ça; Jésus même a fondé l'Eglise et institué des autorités notamment ses douze apôtres, Il a nommé Saint Pierre le chef de tous; Il lui a dit: "Tu es pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et la force de l'enfer ne tiendra pas contre elle; et je te donnerai les clefs du ciel; et n'importe quelle chose que tu lieras sur la terre sera liée dans le ciel et n'importe quelle chose que tu délieras sur la terre, sera déliée dans le ciel.
Et Bomanga demanda au maître: "Quand les apôtres et Pierre leur chef étaient morts, l'Eglise n'est-elle pas morte? Le démon n'a-t-il pas détruit l'Eglise?".
Le maître dit: "Jésus est Dieu, Il ne peut pas mentir. Chaque chose qu'il avait prédite et qu'il avait promise s'est réalisée. L'Eglise n'est pas finie par la mort de Jésus même, et elle n'est pas finie par la mort de Pierre et les apôtres. L'Eglise n'est pas n'importe quelle chose; elle est l'œuvre de Dieu. Jésus promit que l'Eglise restera jusqu'à la fin du monde. Quand les apôtres moururent, ils étaient remplacés par d'autres personnes dans leur pouvoir, notamment des papes, des évêques et des prêtres. Les gens meurent, mais le pouvoir ne meurt pas; la doctrine ne sera pas morte et ne sera pas détruite. Le démon cherche avec grands efforts et zèle à détruire la doctrine de l'Eglise, depuis son commencement. Il n'a pas réussi et il ne réussira jamais. Il ne cesse pas d'enseigner aux gens toutes sortes de mensonges. Beaucoup de gens acceptent toujours les enseignements que Jésus n'a pas enseignés mais la doctrine de Jésus ne sera pas détruite".
Et le maître redemanda un autre élève, Longwango, et dit: "Y -a-t-il beaucoup d'églises?" Longwango répondra: "Non, l'Eglise de Jésus Christ est la seule". Il dit: "Pourquoi?" Il répondit: "Dieu a-t-il beaucoup de bouches pour qu'il enseigne de plusieurs façons comment doivent faire les gens? Dieu est unique, sa doctrine est une". Boleko dit: "Pourquoi voyons-nous beaucoup d'églises?" Le maître lui expliqua: "Toutes les églises sont inventées, elles ne sont pas celles que Jésus a fondées. L'Eglise de Jésus est l'église qui enseigne ses choses justes, reçoit sa doctrine depuis l'enseignement des apôtres. Toutes ces églises ont commencé par les hommes; elles sont les églises de ces gens qui les ont fondées et ne sont pas de Jésus et ses apôtres."

27. LE LEOPARD ET LE RAT.
Un rat sortit du terrier,
Il sortit sous les pattes du léopard.
Et le léopard ne se fâcha pas,
Il eut pitié du rat.
Ce léopard vint d'être pris au piège;
Le rat entendit des cris du léopard,
Il mordilla des fibres avec ses dents
Et libéra le léopard de la mort.

28. MON VILLAGE.
Mon village est grand. Il y a beaucoup de personnes: les vieux qui nous apprennent des contes, les vieillards et les jeunes. Deux rangées de maisons y sont parallèles. Les maisons d'habitation y sont propres: les femmes nettoient en ramassant des herbes chaque matin. La rue par laquelle passent les gens sépare les deux rangées. Au bord de chaque rue, un fossé a été creusé pour éconduire l'eau des pluies, de peur qu'elle ne détruise la rue-même. Les herbes poussent-elles, les femmes et les enfants les arrachent aussitôt ou les sarclent, avant de les ramasser à l'aide d'une petite natte, et de les jeter ensuite.
Quelques arbres fruitiers se dressent sur la cour des personnes. L'arbre à palabre boala (arbre Pentaclethra) se dresse au bord de la rue: les vieux se réunissent à son ombre, préparant leurs projets, et arrangeant les affaires du village. La chapelle se trouve au milieu du village. Les chrétiens et les catéchumènes s'y réunissent pendant la prière et la catéchèse, après que le catéchiste a sonné le tam-tam. Un autre tam-tam se trouve chez le chef par lequel il convie la population au travail pour le développement du village. Certaines personnes possèdent aussi leurs propres tam-tams.
Derrière les maisons, nous rencontrons une bananeraie qui produit des bananes pour nous. Des étables pour des poules et des canards se trouvent à la cour arrière. Il n'y a que des gens sans beaucoup de soin qui installent des étables devant les maisons.
J'apprécie mon village où je suis né, où habitent mes parents.

29. BOKUGU ET LOLENLENGE.
Un certain bokungu, l'arbre à palabre et l'herbe lolenlenge se trouvaient dans un même endroit. Lolenlenge commença de causer avec le bokungu. Mais le bokungu se moqua d'elle: dit: "Toi, un laid machin faible, moi je suis un arbre fort, comment veux-tu causer avec moi? Quand le vent souffle, tu bouges, et moi je me tiens droit avec force; je ne m'incline pas". Lolenlenge dit: "Tu me rabaisses puisque je bouge avec le vent? Je bouge avec intelligence". Et puis Bokungu ria: "Tu n'a pas de force: même dans le vent violent, moi je me tiens debout!".
Quant il parlait, un grand vent souffla; lolenlenge s'inclina, bokungu se tint debout. Mais le trifouiller devient fort, une branche était arrachée! Le trifouiller ne s'arrêta pas. Des racines de bokungu commencèrent à bouger. Et peu de temps après, sa force s'épuisa et puis le bokungu tomba! Lolenlenge dit: "Vois-tu! Ton orgueil te fait tomber. Si tu t'inclinais comme moi, tu serais debout même maintenant. Qui s'incline vivra. Les têtus et les orgueilleux tomberont.

30. NOS ALIMENTS
Dieu est amour envers ses créatures. Mais ceux qu'il aime le plus, ce sont nous les hommes. Il créa toutes les créatures de la terre pour notre bien. Dieu n'a pas la ladrerie, il ne nous a pas donnés peu de choses, il nous a donné l'abondance. L'homme qui n'est pas faible ou paresseux aura tous les aliments que son cœur veut; il n'aura pas de faim.
Des chikwangues y sont avec leurs feuilles de manioc et des maniocs doux. Des palmiers nous donnent des fruits de palme et noix palmistes et le sel indigène et la graisse des larves. Des bananes sont là avec les oseilles des piments des champignons et des légumes colocasia et beaucoup d'autres légumes. Des maïs poussent bien; un fruit produit d'autres grains, même cent. Des cannes à sucre sont très sucrées, elles nous procurent de la boisson.
La forêt a beaucoup d'ignames et des graines de fruit de Preculia. Elle nous donne des fruits et des régimes sucrés comme batofe, basenja, bandongo, bendenge, bafambu, mpunga, ndonge, molele, des safous et des mbeele. Durant la saison des chenilles, beaucoup de chenilles se trouvent appliquées aux arbres. Des viandes sont aussi de plusieurs sortes. Des bêtes abondent dans la forêt, les animaux domestiques se trouvent dans la cour, des poissons ne finissent pas dans les fleuves, dans les lacs et dans les ruisseaux.
En vérité, Dieu n'a pas délaissé ses enfants, il ne les abandonne pas. Il a un grand amour envers nous, avec tels dons. Nous ne voyons pas qu'une personne entreprenante puisse mourir de faim.

31. ISOELE ET LE CHIMPANZE.
Un homme nommé Isoele allait dans la forêt, tua des singes. Et quand il tua un certain ngila qui s'accroupit à un arbre, le singe resta accroché à l'embranchement des branches. Isoele prit une corde pour grimper sur l'arbre. Et quand il monta la corde n'était pas assez forte et elle s'est cassée, et Isoele ne pouvait ni monter ni descendre. Restant suspendu sur l'arbre, il pleura et lança des cris.
Un chimpanzé vint de passer, il entendit des cris d'Isoele. Il regarda, voit qu'un homme est suspendu sur un arbre. Le chimpanzé lui demanda: "Pourquoi tu pleures?" Il dit: "La corde que j'avais s'est coupée, je ne sais ni monter ni descendre". Et le chimpanzé l'aida, il décrocha le singe des branches, il descendu Isoele. Isoele le remercia, ils se sont fait leurs adieux; Isoele dit: "Je te donnerai des femmes". Le chimpanzé ne veut pas et dit: "Je ne veux pas des femmes". Isoele dit: "Je te donnerai de l'argent". Il dit: "Rien, conserve tes biens, une autre fois nous aurons le temps de finir cette affaire". Ils se séparèrent. Beaucoup de jours passèrent, tous les gens de la rue qu'habitait Isoele se réunirent pour abattre les arbres pour tuer des singes. Ils allèrent. Ils commencèrent à couper des arbres, chacun son arbre. Mais les chimpanzés y étaient nombreux. Isoele coupe son arbre, il chante: "Chimpanzé monte sur l'arbre boala, monte sur l'arbre bosala, tu vas au village". Les chimpanzés entendirent la chanson, ils allèrent vers Isoele. Tous les gens voient comment les chimpanzés prennent fuite: ils crièrent à Isoele, "ne vois-tu pas comment les chimpanzés prennent fuite sur ton arbre?" Il répondit: "Que puis-je faire? Cet arbre est trop fort pour le couper". Et les chimpanzés s'enfuirent, ils survécurent. Depuis ce temps là on chante une fable: aide celui qui t'avait aidé, comme Isoele et le chimpanzé.

32. PÂQUES
La pâques est une grande fête de l'église. Elle surpasse toutes les fêtes. Elle est un mémorial de la résurrection de Jésus Christ, ressuscité d'entre les morts. Des mauvais gens ne voulaient pas sa doctrine, ils le tuèrent sur la croix; ils pensaient que la force de sa doctrine finira par sa mort. Les apôtres et disciples de Jésus beaucoup de peur.
Deux nuits passèrent et le matin du troisième jour, très tôt le matin, Jésus ressuscita avec sa propre puissance divine. Il est mort par sa propre volonté, seulement pour sauver nos âmes. Il nous a rachète de l'esclavage du démon, il nous a procuré l'entrée au ciel. Mais la mort ne pouvait pas l'abattre, parce qu'il est le Seigneur de toutes choses.
Il est ressuscité du tombeau avec splendeur et force. Les soldats qui surveillaient le tombeau fuirent avec une très grande peur pour cette affaire mystérieuse qu'ils ont vue.
Marie Madeleine et l'autre Marie allèrent au tombeau pour embaumer le cadavre de Jésus avec le parfum aromatique. Elles ne trouvèrent pas le cadavre, elles trouvèrent un ange. L'ange dit: "Jésus n'est pas ici, il est ressuscité. Allez dire à Pierre et les apôtres qu'il vit". Ils partirent, ils dirent aux apôtres comment l'ange leur avait parlé.
Pierre et Jean coururent, trouvèrent Jésus parti, ils ont su qu'il est ressuscité, il ne moura pas. Leur foi commença à s'accroître.
Nous aussi, nous savons la force dans nos âmes, nous avons la grande joie par la victoire de notre Seigneur quand il a triomphé sur la mort. Il ne mourra jamais, il est dans la prospérité au ciel. Par sa résurrection du tombeau, il nous a acquis la grâce pour que nous sortons du tombeau de nos péchés et de nos mauvais désirs, pour que nous aussi, un jour, par sa puissance, nous ressuscitons de la mort, pour que nous ayons le bonheur éternel au ciel.

33. LE LEOPARD
Le léopard est un animal féroce. Il est comme le maître de tous les animaux par sa force et sa robustesse. Il ne laisse échapper aucun animal sauvage et domestique, et parfois il ne laisse d'attraper même des hommes. Le léopard a une peau splendide, que porte en ceinture le détenteur du pouvoir ainsi que le noble.
Le léopard n'est pas très gros, comme l'hippopotame et l'éléphant, mais il a une très grande force, il court avec une très grande vitesse. Pour attraper les animaux, il se cache aux bords d'une piste où ils passent, et puis il enjôle: il n'attrape qu'en cachette. Si un autre animal passe, malgré sa vitesse, il saute avec prudence, il enfonce ses griffes dans son cou, le coupe avec ses dents tranchantes. Aucun animal ne peut échapper au léopard, sauf les grosses bêtes. Des temps à autre le sanglier et le léopard s'entretuent. Et des fables disent que le léopard n'atteint pas l'antilope naine.
La viande de léopard est bonne et succulente à manger. Mais les vieux la refusent aux femmes, ils disent que c'est un tabou pour elles.
Le plus grand mal que fait le léopard, c'est qu'il tue tous nos animaux domestiques. Il sort de la forêt, vient dans la cour et puis entre dans les étables pour attraper des poules, des canards, des chèvres, des chiens, des brebis. L'animal que le léopard apprécie le plus c'est le chien.

34. LE ¨POUSSIN
Une certaine poule-mère avait douze poussins. Elle circulait avec ses poussins, cherchant des insectes. Elle montrait aux poussins toute la terre qui est près de leur étable. Ils marchaient dans toutes les allées de leur cour. Ils passaient dans les herbes et les bananerais. Tous restaient près de leur mère; ou l'un d'eux poursuivait un insecte pour l'attraper, mais tout de suite retournait vers la mère, il ne s'égarait pas.
Mais un certain poulet ne voulait pas de la sorte. Il était un vagabond et turbulent, il ne restait pas tranquille. Leur terre ne le suffisait pas. Il désirait faire des promenades, pour découvrir d'autres terres. Quand la mère l'interdisait il désobéissait.
Un jour, la mère poursuivait un insecte avec ses poussins. Ce poussin turbulent fuyait de leur bande et disait: "Ma mère me haït, elle ne me donne pas la liberté pour que je fasse comme je veux; je quitte ce lieu difficile, je pars ailleurs où je veux être moi-même". Et il partait.
La mère n'avait pas vu son départ. Il augmentait la vitesse, arrivait loin. Il a vu beaucoup de gens et toutes sortes de choses, il circulait de tout côté. Un certain moment il avait faim. Il cherchait des insectes, mais il était incapable de les attraper comme auparavant, comme la mère les attrapait pour lui.
Il marchait encore avec faim. La nuit tombait et il cherchait une place pour dormir aux herbes sur un arbre. La nuit, il tremblait de froid; il n'avait pas quelqu'un qui pouvait le couvrir comme sa mère le couvrait sous ses ailes. Une grande pluie tombait, tous ses duvets étaient mouillés. Il commençait à trembloter. Il fit matin, il se tenait debout avec une grande inquiétude, quand il fut de cette manière, il pensait: "Je crois que ma mère ne m'aime pas, voilà pourquoi j'ai fui, que faire? Je n'ai pas quelqu'un qui peut m'aider dans ces difficultés. J'ai quitté mon village, croyant que d'autres terres surpassent la mienne mais je n'ai rencontré que des souffrances. Si j'avais écouté les conseils de ma mère je ne pouvais souffrir ainsi".
Parlant ainsi, il avait une vue terrible: l'épervier descend, l'attrapa et le mange.

35. INEKAFUMBA (L'OISEAU A FOURMIS) (Fables Mongo, n°89, p.206-209)
Un oiseau qui s'appelait inekafumba avait son nid. Il fit un pacte avec des fourmis. Les fourmis dirent: "Oiseau inekafumba, tu nous donneras tes œufs, ensuite nous te donnerons des insectes". Et les fourmis allèrent attraper des insectes; et puis ils les apportèrent et l'oiseau inekafumba les mangea. Les fourmis dirent: "Oiseau inekafumba, tu ne nous donnes pas tes œufs?" Il dit: "Non, je ne les refuse pas, cependant je n'en ai pas encore". Les fourmis l'apportèrent un insecte, il le mangea. Dix jours après, seuls les fourmis l'en avaient apporté. Et un certain jour les fourmis disaient: 'Nous avons signé un pacte d'amitié avec l'oiseau inekafumba; nous lui donnons nos aliments, pourquoi lui ne nous donne pas les siens?". Une fourmi disait: "Arrêtez de parler, appelez-le". Ils formèrent un projet, ils disaient à tous les fourmis: "Sachez que si l'oiseau inekafumba arrive ici, nous l'arrêterons". Et puis ils l'appelèrent. Et puis l'oiseau inekafumba dit: "Non, venez, réunissons-nous en haut". Les fourmis disent: "Non, viens ici". Et il arriva. Une autre fourmi mâle s'assit sur une colline, il creusa un petit trou, il s'assit. L'oiseau inekafumba vint s'asseoir, et puis la fourmi mâle l'arrêta à l'orteil. L'oiseau dit: "Je ne me trompe pas, vous m'arrêtez à l'orteil. Arrivez-vous aux pieds?" Et les fourmis le mordirent et il dit: "Arrivez-vous aujourd'hui aux cuisses?" Ils arrivèrent. Il dit: "Eh bien, vous mangez les cuisses, arrivez-vous au ventre?" Les fourmis arrivèrent au ventre. Il dit: "Mangerez-vous la tête?" Les fourmis les couvrirent la tête. Il dit: "Oui, je ne me trompe pas, et arriverez-vous aujourd'hui là-bas au cœur?" Les fourmis disent: "Est-ce que nous te trouverons aujourd'hui?" Il dit: "Vous me sauverez aujourd'hui". Les fourmis pénétrèrent au cœur, ils le couvrirent, il mourut comme un insensé.

36. LE FORGERON
N'avez-vous pas encore vu le forgeron quand il forge ses ustensiles? Il forge les ustensiles avec des fers. Ils trouvent le fer aux pentes des ruisseaux là où il y a des pierres enterrées. Ils déterrent ces pierres, ils les jettent au fourneau très ardent, ils manœuvrent des soufflets. Avec ce feu très fort des pierres se fondent comme l'eau. Ils enlèvent toutes les saletés qui flottent sur le fer liquide. Nous appelons ces saletés des scories. Pour que ce fer liquide refroidisse, se coagule et se solidifie de nouveau, on la retire du fourneau. Avec ces fers les anciens forgeaient toutes les armes.
Mais maintenant les forgerons ne veulent plus ce travail de fourneau; il est trop dur et fatiguant. Ils veulent acheter des lingots aux magasins des blancs.
Les forgerons forgent d'autres choses avec habilité. Certains excellent dans l'art. Ils forgent des haches, des cuivres, des flèches, des couteaux, des rasoirs, des épingles, des aiguilles et toutes les armes. Ils vont à la recherche des anneaux. Ils placent les outils sur l'enclume loaka, qui est placé sur un socle. Ils écrouissent avec le marteau. Ils ont l'enclume njondo qu'ils mettent sur le socle, mais ils enlèvent et puis ils enterrent les outils. Et puis ils aiguisent les pièces forgées avec des limes. Mais leurs limes ne sont pas bonne comme celles des blancs.
Les forgerons font leurs travaux avec des fétiches. Ils tuent une poule, ils lient une liane, et puis ils y accrochent une aille de la poule. Mais ces choses sont des choses sans valeur. C'est de la superstition.
Les forgerons reçoivent beaucoup d'argent. Mais beaucoup négligent les commandements de Dieu avec cet argent; ils payent des dots pour des femmes, ils se constituent un harem.

37. L'HOMME
Au commencement Dieu créa deux personnes, l'homme et la femme. Le nom de l'homme est Adam, le nom de la femme Eve. Toutes les personnes de la terre sont leur descendance. Une personne est une créature intelligente, elle a une âme et un corps.
Dieu créa les hommes pour qu'ils le connaissent, pour qu'ils l'aiment, pour qu'ils le servent sur terre, ensuite pour qu'ils aient le bonheur éternel au ciel.
Si une personne meurt, on enterre son corps au tombeau dans la terre. Mais l'âme immortelle va au jugement. Si l'affaire est tranchée, l'âme va au ciel, ou au purgatoire, ou aux enfers selon ce qu'il avait fait sur la terre.
Mais le corps même ne restera ma toujours dans la terre. Si le jour du dernier jugement arrive, Dieu fera ressusciter le corps et le corps se réunira toujours ou dans le bonheur du ciel, ou dans les souffrances de l'enfer.

38. LES TROIS FEMMES
Un homme avait trois femmes. La première du nom Bofambu b'embulumwa. La deuxième du nom Ekafela. La dernière est donc Ulunkoto.
Un jour, les femmes préparèrent la nourriture. La Première en rang, au nom de Bofambu b'embumwa, augmenta beaucoup la nourriture et la donna à son mari et le mari finit la nourriture. Ekafela elle aussi prépara beaucoup. Mais elle ne donna à son mari qu'une petite quantité. Et elle partagea toute la nourriture avec ses amis et camarades. Et puis Ulunkoto même augmenta la nourriture, elle donna à son marie une partie, et puis elle conserva une partie.
Elles dormirent. Le matin le mari finit la satiété et il eut faim. Il appela la première, il dit: "Bafambu b'embulumwa, donne-moi un peu de la nourriture pour manger". Elle répondit: "J'ai préparé beaucoup de nourriture hier, elle suffisait pour deux jours, pourquoi me demandes-tu encore?".
Il demanda à Ekafela. " passe-moi un peu de nourriture, je meurs de faim. " Elle dit: " Je vous ai préparé un grand tas hier, je n'en ai plus ".
Il demanda la dernière et dit: "N'as-tu pas à manger? Je meurs de faim". Elle dit: "Laisse-moi, je veux voir s'il y a quelque chose". Elle alla voir sur l'étagère, elle enleva la nourriture qu'elle avait conservée, elle réchauffa, et présenta à son mari, elle dit: "Voici le reste d'hier". Le mari mangea. Il fut content en son cœur. Et il remercia Ulunkoto, et l'aima plus que les autres, il l'établit comme favorite.

39. LES FOURMIS.
Personne n'ignore les fourmis. Elles sont des insectes sauvages. Elles se divisent en plusieurs sortes. Leur reine ne sort pas de leur nid. Elle pond des œufs, et les ouvriers la servent, la surveillent bien. Elle est un insecte protubérant. Certaines fourmis sont grandes, mais c'est la reine qui les surpasse. D'autres fourmis ont des têtes comme le poisson impome. Leurs bouches ont de longues et tranchantes dents, comme des crochets. Ceux-là sont des combattants, ils gardent les amis. Quelques-unes sont petites, notamment les ouvriers qui transportent des masses, ils font tous les travaux.
S'ils sortent du nid, des fourmis vont chasser. Elles vont en ligne droite. Si elles arrivent à un endroit où les insectes abondent; elles se dispersent, elles cherchent de la viande. Elles se dispersent très vite, de tous les côtés. Elles montent sur des herbusseaux et les herbes. Elles finissent les insectes. Et puis après elles transportent les bestioles dans le nid, alignées tout droit dans une rangée, comme elles étaient venues. Quelle peur chez les insectes devant l'armée de fourmis! Quelle abondance de cadavres.
Les fourmis apprécient beaucoup les fruits de palme et l'huile. Les fourmis sont très cruelles. Si elles arrivent à l'étable des poules elles peuvent les tuer. Mais des poules aussi se fâchent d'elles; elles les becquettent si elles passent à la ligne. Si les fourmis te mordent elles ne lâchant pas quoique tu les tire fortement, quoique tu leur arraches la tête.
Les fourmis marchent en ligne droite. Aucune d'elles dérange la ligne. Tous suivent les commandements des chefs. De grosses fourmis gardent la ligne. Si un insecte ou un animal ou une un homme approche de la ligne pour les provoquer, si tôt de grosses fourmis sortent de la ligne et cherchent les provocateurs. Elles les poursuivent et puis avec leurs dents elles les piquent avec fermeté et ténacité. Elles s'entraident beaucoup.
En outre, elles ne se lassent pas de travailler, jours et nuits, elles ne se reposent pas.
Les fourmis donnent à nous les hommes des conseils d'humilité, de la force dans le travail et de l'entraide.

40. LE PALMIER ET LE RAPHIA.
Le palmier et le raphia se discutèrent. Le raphia dit: "Toi, le palmier, tu n'as pas d'importance, moi je te surpasse beaucoup". Le palmier dit: "C'est toi qui n'as pas d'importance". Le raphia dit: "Mes applications sont nombreuses, je donne aux gens des habits, ils tuent des bêtes avec mes fibres, ils prennent mes éclats pour fabriquer des lits, je les donne des fibres pour fabriquer des balais avec lesquels ils balayent ". Le palmier dit: "Tu n'as que quatre choses: les miennes sont plus nombreuses". Et ils se disputèrent.
Ils se disent: "Appelons les gens qu'ils nous jugent". Et le chimpanzé arriva. Ils firent leurs exposés. Le raphiaexolique son affaire. Le palmier dit la sienne, il cita: l'huile, le cœur du palmier, des larves, des fruits de palme, des palmes, du sel d'efflorescence mâles, des éclats, des claies, des flèches, des fibres de fruit de palme, des torches, des paniers tressés en simple feuilles de palme, des boissons. Le chimpanzé donna raison au palmier.
Le raphia n'accepta pas la manière selon laquelle le chimpanzé trancha la discussion. Il se fâcha. Il dit: "Qui t'a nommé juge? Faux juge, c'est ça l'intelligence par laquelle tu tranches les affaires? Pourtant tu donnes raison au palmier, tu me condamnes. Parce que tu ne veux pas mes bonnes choses, tu vas rendre mes fibres qui sont chez toi".
Le chimpanzé n'a pas eu de réplique. Le voici qu'il enlève son habit et le donne au raphia. Il fut couvert de grande honte de sa nudité et il s'en fuit dans la forêt, s'y cacha toujours comme tout animal.

41. L'HIPPOPOTAME.
Qui se mesure en grandeur avec l'éléphant? Comme l'éléphant est le maître des animaux sur terre, ainsi l'hippopotame est le maître des animaux aquatiques.
L'hippopotame vit dans l'eau, dans les fleuves et les océans. Ils nagent fortement, et se noient beaucoup en profondeur. Il flotte souvent. Mais il cherche ses aliments sur des rives. L'hippopotame mange les herbes qui poussent aux rives. Il mange durant la nuit. La journée il dort.
L'hippopotame est fort. Quand une pirogue passe et réveille l'hippopotame, celui-ci se fâche très vite; il heurte la pirogue pour la renverser et les gens se noient. L'hippopotame n'est pas méchant si tu ne le provoques pas. La tête de l'hippopotame est très grande. S'il nage, il flotte la tête. L'hippopotame a beaucoup de viande à cause de sa grandeur. Il a beaucoup de graisses. Sa peau est dure et épaisse. Les gens y coupent des chicottes, et elle convient pour des chaussures.
Malgré sa grandeur, l'hippopotame n'est pas intelligent ni vigilant. Ne savez-vous pas comment il se mesurait en force un jour avec l'éléphant, et comment la tortue leur vainquit tous les deux avec sa ruse?

42. LE FRUIT LITOFE ET LE JEUNE GARCON.
Deux jeunes, Louis et André, allèrent dans la forêt pour chercher des aliments. Ils arrivent à un arbre entouré de betofe. Mais ils trouvèrent que les batofe ne sont pas encore mûrs. Quand ils veulent s'en aller, Louis vit un fruit litofe mûr, en bas. Il se précipite mais son ami avait vu aussi le litofe, et lui aussi courrut en vitesse. André arriva avant et ramassa le litofe.
Louis dit: "C'est moi qui ai vu le litofe avant, donne-le moi". André répond: "C'est le litofe à moi que j'ai trouvé". Ils eurent une discussion, ils se querellèrent fortement. Ils se disputèrent le litofe.
Un vieil homme passa, il s'approcha, il demanda des éclaircissements. Louis explique et dit: "J'ai vu un litofe, cependant mon ami l'a ramassé et ne veut pas me le donner". Puis André répond: "Non, c'est moi qui avais vu le litofe, je l'ai ramassé, et puis lui veut me le ravir".
Le vieux dit: "Vous les jeunes vous ne comprenez pas les affaires. Laissez, je vous le couperai. L'un de vous voyait le premier, puis l'autre le ramassait. Partagez le litofe". Il le divisa, donna à Louis une partie et André une autre.
Le vieux prit des pépins disant: "Ceci est mon honoraire pour avoir tranché la palabre". Les deux jeunes moururent de honte et de colère avec leur stupidité.

43. LE JEUNE CHRETIEN.
Le jeune chrétien veut vivre d'une manière honnête qui arrange sa conduite devant Dieu et les hommes. Chaque matin, il propose ses travaux qu'il va faire. Chaque soir, il examine la façon selon laquelle il a accompli sa décision du matin. Il ne cherche pas des excuses pour ses fautes et dérangements. Il les confesse avec tristesse à Dieu, et il jure de nouveau qu'il ne fera que du bien et qu'il renforcera la lutte contre les mauvaises tentations.
Il se désintéresse des railleries de certaines personnes. Il n'a pas honte devant les hommes. Il remet son cœur à Dieu et respecte ses commandements. Si ses choses ne s'arrangent pas certains jours, il ne craint pas, ne pleure pas comme une personne qui n'a pas la foi, mais il laisse toutes ses souffrances aux mains de son Père qui est au ciel et en lui-même, dans son âme. Il sait que Dieu le garde et soigne sa vie. Et il se réjouit en son cœur. Il ne cherche pas de mauvaises joies, il ne va pas aux amusements et jeux qui ne sont pas bons.
Il sait qu'il est enfant de Dieu et il n'offense pas son Père. Par conséquent il n'a pas de problèmes de conscience. Chaque jour il multiplie les bonnes actions qui lui font gagner le ciel.
Sa conduite est bonne. Sa vie est pleine de bonheur. Il fait ses actes pour le respect de Dieu; il supporte et maîtrise toutes ses souffrances par l'amour de Dieu.

44. LE POISSON LOKOKA ET LE CRAPAUD.
Lokoka et le crapaud allèrent à la pêche. Ils attrapèrent des poissons en abondance. Lokoka dit: "Frère crapaud partage". Le crapaud lésina Lokoka, il prit une grande portion, il présenta Lokoka la petite. Lokoka se fâcha, il dit: "Frère, pourquoi tu me tentes?". Et à l'instant il pénétra dans le nez du crapaud. Le crapaud lança des cris de douleur et dit: "'Dedans', sors et partageons, 'dedans': ce qui est grande chez toi, 'dedans': ce qui est petite chez moi 'dedans'. Lokoka sortit. Il dit: "Frère crapaud, arrange seulement le partage". Mais le crapaud le trompa comme avant. Lokoka se fâcha encore. Et puis pénétra le crapaud dans le nez et le coupa net au rasoir. Le crapaud pleura avec des cris, il dit: "Lokoka cadet, 'dedans', sors et partageons, 'dedans'; ce qui est grande la sienne, 'dedans': ce qui est petite la mienne".
Lokoka retourna en bas. Il dit: "Partageons encore une fois". Mais le crapaud trompa Lokoka encore une fois; il augmenta sa portion. La fureur de Lokoka s'augmenta, il retourna au nez du crapaud. Le voici pleura comme avant. Lokoka sortit. Il dit: "Arrange ce partage". Le crapaud le lésina comme d'habitude. Lokoka pénétra et avec cette dernière entrée il tua le crapaud. Et puis il le grilla. Il porta la mère aux enfants, il la les présenta. Des vieux mangent. Le cadet dit: "Je ne mange pas maman". Des vieux disent: "Tu es un imbécile, ceci est un singe". Des vieux finirent. Le cadet lécha seulement la feuille. Lokoka les démasqua, dit: "Vous aviez mangé seulement votre mère avec l'huile complète en ébullition ".

45. LA FABLE DES PIMENTS.
Un homme avait son épouse et trois enfants, un garçon et deux filles. La fille aînée faisait leur cuisine. Elle ne savait pas bien la mesure pour mettre des piments dans les aliments. Souvent elle mettait peu de piments. Son père et sa mère ne cessèrent de la réprimander à cause de la fadeur des ses préparations. Un jour elle prépara des feuilles de manioc. Et puis elle alla à la source pour puiser de l'eau. Plus tard sa mère arriva, elle dit: " Tous les jours ma fille n'augmente pas les piments. Que je mette un peu moi-même". Et puis elle entra dans la cuisine, et elle mit des piments dans les feuilles de manioc. Elle sortit et puis là dessus son mari vint de l'abattage de la forêt, il dit: "Des jours et jours que nous ne cessons dire à notre fille qu'elle arrange la cuisine, et elle ne m'écoute pas". Et il mit seulement des piments aux feuilles de manioc. Il sortit, et puis une autre fille laisse les amandes palmistes qu'elle avait concassées et puis elle entra dans la cuisine. Elle dit: "Souvent si la sœur aînée prépare des feuilles de manioc, elles n'ont pas de goût. Je mets un peu de piments moi-même". Elle y mit et elle s'en alla. Plus tard son frère vint. Il dit: "J'augmente un peu le goût de la nourriture". Il mit seulement des piments et partit.
Peu après la préparatrice même revint de la source. Elle dit: "Les feuilles de manioc sont cuites. Et puis ils me réprimandent tous les jours: laisse, j'augmente un peu de piments ce jour". Et elle les mit. Les aliments sont cuits, tous se retrouvent. L'aînée apporta des feuilles de manioc, les chikwangues et de la viande. Ils mangèrent. A l'instant même ils sentent une vive douleur cuisante dans la bouche. Ils s'en étonnent: depuis longtemps et tous les jours la nourriture est fade et seulement aujourd'hui cette douleur cuisante. Et puis ils s'expliquèrent sur la façon dont-ils ont procédé. Et ils se réprimandèrent parce qu'ils s'étaient mêlés dans un travail d'autrui.

46. LE FLEUVE.
Le fleuve est comme un grand ruisseau. Sa source est éloignée et les eaux coulent jusqu'elles arrivent ou dans un autre fleuve ou sortent dans une grande mer. A l'amont le fleuve est petit comme un ruisseau. Mais au moment où il avance, beaucoup de ruisseaux et affluents le rejoignent, lui laissent leurs eaux et lui-même s'agrandit beaucoup.
L'eau du fleuve vient de l'amont et s'écoule en aval. Elle ne navigue pas en amont. Le fleuve est une bonne chose. Il est le chemin pour voyager. Nous passons par des pirogues, des barges, des bateaux. Les bateaux sont bons pour un voyage rapide, sans un dur travail. Et puis ils s'appuient sur l'eau avec stabilité. Ils ne bougent pas comme des pirogues. Le petit bateau est le canot. De bonnes choses sont dans le fleuve. Plusieurs sortes d'arbres, des lianes, beaucoup de plantes.
Les herbes fluviales et des plantes à sel nous donnent du sel; des lianes sont bonnes pour des claies et nasses. Avec la terre glaise des riveraines façonnent des pots avec lesquels elles préparent des aliments.
Mais une chose qui surpasse tout dans le fleuve c'est le poisson. Beaucoup de poissons de plusieurs sortes. Dieu ne nous a pas délaissés. Nous le remercions pour sa bonté envers nous et pour toutes les choses qu'il nous avait données.

47. L'EPLUCHEUR ET NKANGAJWILO.
L 'éplucheur creusait toujours les cimetières. Un jour l'éplucheur entendait qu'un patriarche mourut dans un village, il allait là-bas pour pleurer. Et puis il alla pleurer, pour qu'il sache le lieu où l'on enterre le cadavre du patriarche.
Il vit le lieu et puis il alla au village. Il patienta un peu et il alla déterrer le cadavre du patriarche, pour qu'il prenne des cuivres qui étaient enfuis dans la tombe. Et puis il mit le bras à l'intérieur de la tombe. Le bras était coincé pour du bon. Et puis il dit: "N'y a t-il personne ici?" et Nkwangajwilo qui y était, dit: "Me voici ". " Viens, il y a une bête ici ". Nkangajwilo vint, et l'éplucheur dit: "Mets le bras ici, le varan est ici, nous le tuons. Je ne peux pas moi seul". Et Nkangajwilo mit le bras et est coincé. Et l'éplucheur fuit au village. Vous écoutez comment Nkangajwilo mourut de faim.

48. UN CHOIX.
Continuez toujours à faire vos propres travaux. Travaillez avec vos propres mains comme nous vous l'avions enseigné, et vous aurez une bonne manière convenable aux yeux d'autres personnes, pour que vous ne manquiez rien.
Vous mêmes aviez su comment faire pour m'imiter; nous n'avions pas fait le désordre chez vous. Nous n'avions mangé le pain de quelqu'un sans payer. Mais le jour ou la nuit où nous avions travaillé avec fatigue et peine, nous n'avons pas voulu déranger personne parmi vous. Ce n'est pas que nous n'avons pas l'autorisation de faire ainsi, mais nous avons voulu vous montrer l'exemple, nous vous disons que si une personne ne veut pas travailler qu'il ne mange pas. Mais nous avons entendu une nouvelle que chez vous il y a quelques-uns qui vagabondent, ils ne travaillent pas, ils sont paresseux.
Nous les prions, nous insistons, nous les pressons dans le Seigneur Jésus-Christ, qu'ils travaillent en paix et qu'ils mangent leurs propre pain.

49. LE FAGOT DE BATONS.
Un homme avait six garçons. Mais ils ne s'aimaient pas. Les discussions et querelles étaient nombreuses chez eux. Le père les réprimandait beaucoup, les conseillait maintes fois.
Un jour ils discutèrent encore, le père les appela, leur imposa silence. Il prit six bâtons, il les lia en fagot, il dit: "Ecoutez, je veux connaître le plus fort parmi vous". L'aîné essaya le premier, il voulut briser le fagot sur son genou; il ne réussit pas. Le second essaya, ça ne va pas. Tous les puînés essayèrent mais avec le même résultat, aucune personne ne brisa le fagot. Ils disent à leur père: "Père, nous n'y pouvons rien".
Et puis le père dit: "Remettez-moi le fagot, que j'essaie moi-même". Et puis ils le lui donnèrent. Il délia le fagot, et commença à briser les bâtons un à un. Les enfants étaient mécontents. Ils disent: "Si c'était un à un nous le pouvons nous aussi". Le père leur répondit: "L'avez-vous vu ? Le fagot entier ne se laisse pas briser, cependant un à un les bâtons se brisent facilement. Vous êtes six enfants d'un même père. Si vos restez séparés, vous serez faibles, et d'autres personnes peuvent vous tuer facilement. Mais si vous restez unis, si vous ne vous séparez plus par vos discussions et querelles, aucune personne peut vous vaincre.

50. LE CRAPAUD ET LE RAT.[Fables Mongo, n° 105, p. 238-243]
Une femme eut des pustules. Elle vint chez Eale. Elle dit: "Où vas-tu?". Le crapaud dit:"Je cherche des marais". "Passe". Elle trouva Esio. "Où vas-tu?". "Je cherche des maris". "Passe". Elle arriva chez Isaleke. "Où vas-tu?". "Je cherche des maris". "Passe". Et puis elle arriva chez le rat. "Où vas-tu?". "Je cherche des maris". "Viens". Et puis le rat s'assit dans la maison. Il affila un couteau. Et il vint râper des pustules. Il râpa tant que les pustules tombèrent sur une feuille. Il finit de râper les pustules et appliqua un médicament sur le corps du crapaud. Lorsqu'il finit d'appliquer le médicament, toutes les personnes qui jadis la repoussaient l'aimèrent maintenant, la peau devint luisante. Et puis l'heure du jeu sonna. Et puis quand le jeu se joua, elle cite un proverbe. Et puis elle dit:"Les amis ont chacun leur mari, moi je prend le rat avec une jambe coupée". Mais quand elle parlait ainsi, la fille du rat était présent. Il dit: "Je vais le dire au père". Et puis le père frappa son fils. Le soleil se coucha. Le matin, elles retournèrent au jeu. Et puis elle recommença à chanter le mari. Et puis le fils alla le dire de nouveau à son père. Le père dit: "Voyons le matin, si non je tuerai mon fils, il va mourir sans motif. J'irai demain me cacher pour écouter". Quand il était parti pour se coucher et écouta sa femme, il se rendit compte que sa femme chantait et faisait allusion à lui. Et puis il mourut de colère. Il dit: "Je vais au village". Et puis le jeu est éparpillé. La femme revint, et puis elle mit à bouillir l'eau.
Quand elle l'enleva du feu, elle en donna à son mari. Le mari n'en but pas. Et puis elle dit: "Rat, si tu discutais avec une personne pendant mon absence, dis-le moi". Rien. Le soleil point. Elle retourna encore donner de l'eau à son mari. Le mari refusa. Le crapaud alla se laver seul. Et puis elle revint s'enduire d'huile. Et puis elle était en face de l'espace du village, elle tourna le dos à son mari. Quand elle s'enduisait de l'huile, le mari prit les pustules qu'il avait râpées de sa femme et il les jette à son corps. Et puis la femme rechuta dans sa maladie. Et puis elle prit une hotte, elle sortit, elle alla au village. Elle redevint célibataire.

51. MES PARENTS.
Ma famille compte beaucoup de personnes. Elles sont mes parents. J'aime mes parents avec un vrai amour. Eux aussi m'aiment beaucoup. Mon père est Louis Ekamba. Ma mère c'est Amanda Mputu. Il sont des chrétiens convaincus. Mon père a construit notre maison et la mère l'a aidé à mettre la terre glaise dans le mur. Mon père va souvent à la chasse, il tue les bêtes pour nous. Il a sa clôture de chasse dans la forêt. Il abat la forêt pour en faire des champs, il coupe des régimes de palmes, et il coupe du bois pour maman. Il est laborieux aux travaux. Maman nous prépare des aliments que nous mangeons. Elle balaye les balayures, elle met souvent l'ordre dans la maison, elle coud des habits pour nous. Elle plante des chikwangues et toutes les plantes cultivées. Elle élève des chèvres et poules. Mon père et ma mère aident leurs enfants par la force de leur travail. Ils nous enseignent les choses de Dieu et donnent une bonne éducation.
J'ai des aînés, des puînés et des sœurs. Nous aidons notre père et mère. Nous les garçons nous allons dans la forêt ensemble avec notre père, nous abattons la forêt pour en faire des champs, des jours où nous n'avons pas cours.
Nous coupons du bois pour notre mère. Souvent nos sœurs cueillent des feuilles de manioc et des légumes, elles vont aux champs pour arracher des ivraies, elles puisent de l'eau dans la source, elles coupent de menus bois de chauffage.
Nous écoutons les conseils de notre père et de notre mère avec respect et honneur. Nous restons en paix, quand nous devenons grands nous imiterons leurs comportements et nous travaillerons pour eux. Nous ne serons pas ingrats.

52. LE CHIEN ET L'OS.
Un chien se promenait sur une route, il trouvait un os que des gens avaient jeté sur la route. Il courut pour ramasser l'os pour qu'il le mange. Quand il courut, un autre chien vint, qui lui aussi courut. Ils arrivent ensemble sur l'os; ils discutèrent beaucoup l'os. Ils arrivent à se battre. Sur place un autre chien vint de passer, il jeta un coup d'œil, regarde comment les amis disputent l'os. Il s'approche avec vigilance. Et puis il tira l'os, il le leur ravit.
Le propriétaire n'avair rien vu. Ils furent las de se battre, ils sont essoufflés, ils regardent. Ils voient que l'os a disparu. Ils regardent, ils voient un autre chien en train de ronger l'os qu'ils discutèrent. Ils sont affligés, et ils restèrent bredouilles.

53. L'HOMME DANS UN (ARBRE) CREUX.
Un homme alla à la chasse avec ses flèches; quand il alla avec ses flèches, il toucha un singe et il toucha une genette. Il dit: "Des femmes nombreuses, elle ne finiront pas avec un singe: que je cherche encore un singe". Quand il partit, il voyait un singe. Il lui lança une flèche, mais le singe n'est pas blessé: la flèche toucha l'arbre. Alors il dit: "Attends, je monte, je vais décrocher la flèche". Quand il monta, la partie creuse de l'arbre de botaka cassa et tomba en bas. Et puis il monta, et il réchappa, il tomba dans le creux. Ensuite il resta là et le soleil se coucha. Et il dit: "M., Maman Nsombe, papa Likoku, la famille pense que je suis mort, cependant je suis dans le creux". Tous les jours il a fait ainsi.
Et puis six ans passèrent. Et il ne meurt pas. Et puis un homme alla aussi à la chasse aux flèches. Et puis il trouva les flèches de cet homme qui tomba dans le creux, rongées de termites. Et puis il dit: "Ceci était comme des flèches de quelqu'un n'est-ce pas?". Et l'homme qui était dans le creux l'entendit. Et il dit: "M. Maman, Nsombe, papa Likoku: ma famille pense que moi je suis mort, cependant je suis dans le creux". Et puis cet homme a eu peur, il courut. Il vint au village, il vint le dire à la famille. Et puis la famille perce l'arbre; elle le fit sortir. Alors il s'est étendu comme un mort: Des bras ne se plient pas, des jambes ne se plient pas, le cou ne s'incline plus. On vint le tenir au bras. On le masse au cou et puis la colonne vertébrale se dresse. La bouche tissa des toiles d'araignées fait par la faim. Ils firent bouillir des légumes et on les enduit dans la bouche. Des mâchoires sont jointes. Après une semaine il était remis. Et ses femmes retournèrent.

54. LA FABLE DES ORANGES.
Eale est le camarade d'autres jeunes. Mais ses camarades étaient mauvais. Son père lui dit: "C'est ce groupe que tu fréquentes? Si tu n'abandonnes pas tes camarades, tu deviendras un mauvais comme eux". L'enfant répondra: "Père, ne crains pas, je ne serai pas gâté à cause d'eux. Mais moi-même je changerai leur manière; ils deviendront de bonnes personnes par mes conseils". Le matin le père appela l'enfant. Il dit: "Eale, regarde un instant. Les dix oranges sont là, prends, conserve-les dans une malle durant une semaine, et puis tu les feras sortir après". Eale répond: "Père, une orange est pourrie, je l'enlève pour qu'elle ne fasse pas pourrir d'autres oranges". Et puis le père dit: "Non, laisse-là, ne crains pas: de bonnes oranges changeront l'orange pourrie, pour qu'elle ne devienne pas molle". Une semaine passa, ils vinrent retirer les oranges qu'ils ont conservées dans la malle. Eale dit: "Père, tu vois comme je disais. Tu laissais une orange pourrie au milieu de bonnes oranges. Regarde maintenant toutes sont très pourries". Le père répondu: "Les neufs bonnes oranges ne peuvent pas changer l'état d'une seule orange pourrie.
Mais une seule pourriture pourrissait toutes les bonnes. Premièrement toi penses-tu que tu peux changer beaucoup de mauvais gens, quand tu es bon tout seul?"

55. L'ONGLE ET LE POU.[Fables Mongo n° 119]
L'ongle et le pou allèrent au campement en forêt. Ensuite ils s'assirent quand ils arrivèrent. Quand ils avaient construit une maison, ils passèrent la nuit ; le matin l'ongle dit: "Pou, viens, coupons des piquets pour fixer la clôture de chasse". Le pou dit: "Frère, vas, moi je suis malade". Encore l'ongle alla couper le tout. Le matin il dit: "Pou, viens établissons une clôture de chasse". Le pou dit: "Je meurs de cette maladie, frère, vas toi seul". Et au moment où il restait, il s'habilla d'une couverture, il fit sortir son tambour et dit: "L'ongle pense que je suis malade alors que je suis heureux".
L'ongle vint de la clôture de chasse avec deux rats. Il dit: "Prépare pour nous les premières bêtes trouvées dans la clôture". Le pou dit: "Je suis malade, prépare-le toi-même". Il finit de préparer, il dit au pou: "Puîné, partage pour nous". Et le pou vint partager chacun un rat. L'ongle mange seulement un peu du sien, puis il finit. L'ongle dit encore: "Toi, si allons à la clôture de chasse, tu es malade mais pour manger, tu finis un rat tout entier à toi seul, et moi j'en conserve encore". Et puis le pou retourne au lit gémissant à cause de sa maladie. Ils dormirent. Le matin: "Passe que nous inspections la clôture de chasse". Le pou dit: "Je suis toujours malade". Quand il était parti, il faisait une petite distance et retourna. Le pou qui restait faisait sortir son tambour, et s'habilla d'une couverture. Et il vint battre: " L'ongle pense que je suis malade alors que je suis heureux ". Quand l'ongle vient là, il dit: "Toi, le pou tu me trompe. Tu n'es pas malade. " Et il vint le trouver: écrasé!

56. LA PREMIERE POULE.
Un enfant a mangé un œuf que sa mère lui prépara. Et puis la mère lui demanda: "Eh sais-tu d'où vient cet œuf?" L'enfant: "Et comment je ne le saurais pas maman? C'est notre poule tachetée qui l'a pondu". La mère répondit: "C'est vrai, mais notre poule tachetée d'où vient-elle?". L'enfant dit: "Elle vient d'un autre œuf. Moi-même je n'oublie pas que cette poule était un petit poussin". La mère: "Mais d'où vient cet œuf?". Et puis l'enfant rit. Il dit: "C'est une autre poule qui l'a pondu". Et puis la mère continuait: "Eh cette poule venait d'où?". Et puis l'enfant dit: "Elle venait d'un autre œuf comme toutes les poules". La mère dit: "Oui. Mais le premier œuf venait d'où?". L'enfant répondait: "Maman, c'est la première poule qui pondait le premier œuf". La mère dit: "C'est vrai, la première poule a pondu le premier œuf. Mais je te demande la première poule venait d'où?". L'enfant réfléchit un peu, et puis il dit: "C'est Dieu qui a créé la première poule".

57. LA SAISON DES CHENILLES.
Quand la saison des chenilles arrive, nous sommes tout contents. Nous remercions beaucoup la saison des chenilles. Elle nous apporte beaucoup de bonnes choses. Quand l'oiseau chenille [nk(ng(t(] chante, nous savons que la saison de chenilles s'approche. A ce moment où nous entendons la voix de l'oiseau chenille, nous nous réjouissons. Après quelques semaines les chenilles apparaissent. La saison des chenilles remplit toute la forêt de bonnes choses. N'importe où nous allons, nous y trouvons de l'opulence.
Des fruits savoureux sans nombre: des safous, des basanja, batofe, bafambu, bendenge, bandongo, mbeele, ndole, mpunga et ndonge. Et puis plusieurs sortes de chenilles à manger. Certaines tombent le matin, d'autres à midi, et puis le reste le soir. Le ramassage n'est pas un fardeau. La personne qui n'est pas paresseuse ne manque pas d'aliments durant la saison des chenilles.
La saison des chenilles est une bonne période que Dieu nous donne chaque année. Un grand merci à Lui de sa bienfaisance pour nous les hommes.

58. LE LEOPARD ET LA FAUSSE LOUTRE. [Fables Mongo, n° 12, p.41-47 en variante brève]
Le léopard et la fausse loutre allèrent dans la forêt. Le léopard dit: "Fausse loutre, ligotons-nous réciproquement. La fausse loutre accepta: "Oui, tu me ligote d'abord, et puis moi je te ligoterai". Il prit des écorces sèches de bananier, il les fixait aux bras, aux jambes et la tête. La fausse loutre descend dans l'eau et puis les fibres se sont coupées. Et ensuite elle sortit de l'eau.
Il dit: "Frère aîné, viens, je te ligote". La fausse loutre cherche des lianes nkosa. Et puis il garrotte le léopard, le ramasse, coupe des crochets, et il le fixe fortement.
Le rat vint et dit: "Frère aîné, qui t'a lié ainsi?". Et puis le léopard dit: "Cette laide fausse loutre qui a les yeux caves et des petites pattes dépouillées". Et le rat passa.
L'antilope Boende vint, elle dit: "Frère aîné le léopard qui t'a lié ainsi?". Il dit: "Vous venez m'ennuyer, moi je suis très fâché". Et puis il tua Boende avec un coup de main et elle mourut.

59. L'ELEPHANT.
Le premier de tous les animaux est ce gros éléphant. L'éléphant est un vrai colosse. Sa tête n'est pas si grande, mais elle a une longue trompe et de hautes pattes et larges oreilles. Ses yeux sont petits et profonds. Les éléphants mâles ont de grandes dents que les blancs achètent et pour aux œuvres d'art.
L'éléphant n'a pas une longue mais une courte queue. Les poils sont comme des fibres dures. Sa peau est très épaisse, forte et a des tendons. Sa chair est douce. La trompe de l'éléphant est très puissante et violente. Il courbe des arbres dont il mange les feuilles comme des paroliers et d'autres. Mais ce n'est pas le cas pour les grands arbres.
L'éléphant apprécie toutes les choses sucrées. Il ne laisse pas échapper des patates douces, des cœurs de palmier, des bananes et des cannes à sucre. Il mange même les fruits des ananas, les mbimbo et les cœurs de bœuf.
Les éléphants aiment marcher en troupe, mais on trouve des solitaires dans toutes les forêts. Qui est plus féroce pour les hommes que ce solitaire? Les pattes d'éléphants sont épaisses. Ses traces sont éclatantes. Si la troupe passe aux champs, tout est détruit. Ils écrasent et pulvérisent toutes les choses. Ils abîment des routes qui étaient construites dans les marais. Dans les forêts où les éléphants se réunissent souvent, ils ont leurs propres routes, c'est à dire des petites et grandes pistes.
L'éléphant a deux sortes de tiques: l'une est grande et l'autre est petite. Quand l'éléphant passe dans la forêt, les petits des petits tiques se détachent de la peau de l'éléphant, et se posent sur des branchettes et feuilles. Si tu les touches, ils s'attachent à toi et entrent dans la peau, alors tu auras une grande douleur.
L'éléphant ne meurt pas facilement. Nous tuons l'éléphant par des fusils et des lances suspendues. Des lances pour tuer les éléphants ne sont pas longues, mais elles sont tranchantes. Elles ont de la vigueur car elles sont attachées au bois de la lance. Ces bois sont insérés au bois servant de manches, lesquelles manches sont liées avec la liane rotin de l'arbre diospepros. On accroche la liane au pivot sur la route de l'éléphant. Si l'éléphant y passe, il touche la liane servant d'appât. Cette liane frôle le rotin, alors le bois et la manche tombent lourdement sur le dos de l'éléphant. L'éléphant est ainsi blessé, le bois le perce et le fait clouer sur le sol. Un éléphant n'aura point la possibilité de se relever à cause de la lourdeur du bois, et il meurt. Un autre encore, si le bois était petit, on le fait monter et puis le bois tombe, et il s'en va mourir ailleurs dans la forêt.

60. L'ANTILOPE MPAMBI ET LES HOMMES.
Un homme avait deux femmes, l'une favorite et l'autre négligée. La femme négligée avait un enfant, et son mari ne l'aimait pas; il ne la donnait même pas la plus petite chose.
Un jour la femme eut un grand envie d'aliments carnés. Elle ramassa un panier à poisson et son enfant. Là-dessus elle arriva à un étang où elle vit des poissons qui sautent. Elle déposa son panier à poisson et dit: "Qui tiendra cet enfant pour moi?". Soudain, elle vit un animal au nom de l'antilope mpambi. Elle dit: "Donne-moi, cet enfant que je le berce pour toi". La femme eut peur car c'était un animal. L'antilope mpambi: "Je ne ferai pas de mal à ton enfant". La femme lui donna l'enfant et elle le berça pour lui. La femme dressa un barrage dans l'étang, elle écopa, elle attrapa beaucoup de poisson. Elle en donna à l'antilope et l'antilope refusant le présent lui donna son enfant dans sa bonté.
La femme alla au village avec une grande joie et elle prépara des poissons et des bananes et mangea avec son enfant.
Le poisson fini, la femme retourna encore et parla comme auparavant. La femme termina, et donna à l'antilope le poisson mais elle n'en voulut pas. La femme s'en alla. En ce moment l'antilope la poursuivit pour qu'elle écoute ce que la femme dira au village. Elle se cacha au pied d'un pieu de la façade extérieure. Là-dessus la femme appela son mari en secret, elle dit: " Veux-tu que je te dise quelque chose?" Le mari dit: "Dis, j'écoute". La femme lui dit: "Regarde, au moment où je vais à la pêche, c'est un animal qui berce souvent pour moi l'enfant. Ecoute, si pars demain, tu me suivras avec des flèches pour que tu te caches là où j'écope l'étang, et afin que tu touches l'animal ". Le mari se mit d'accord avec sa femme. Mais tout ce que la femme racontait, l'antilope l'entendit clairement. Le jour point, et cette femme ramassa le panier à poisson et l'enfant et le mari le suivirent avec ses flèches. En ce moment le mari se cacha dans un enchevêtrement près de l'étang.
La femme dit: "Qui me teindra cet enfant?" L'antilope sortit. Elle le tient pour elle comme auparavant. L'antilope entonna la chanson: "Qui se trompe c'est la femme, mais moi l'antilope, je ne me trompe pas". Elle chanta trois fois. La femme dressa un barrage dans l'étang. Elle veut écoper, le mari attacha la flèche puis il tira. L'antilope la vit par la pointe extérieure de l'œil. Le mari fit partir la flèche vers la bête; mais la flèche partit directement à l'antilope. L'antilope mit l'enfant à sa direction, et la flèche toucha l'enfant et l'enfant mourut.
La femme dit: "Tus as tué mon enfant à cause de ta haine". Le mari dit: "Moi, je vais à la recherche de l'enfant". L'homme trouvait un vieillard en route assis dans sa petite mauvaise maison. Le vieillard dit: "Monsieur, viens, regarde, je te connais, tu cherches l'enfant de ta femme que tu as tué, viens me soigner, pour que tu me fasses vivre avec de beaux objets dans la maison et je t'aiderai". L'homme fit ainsi. Le vieillard dit: "Regarde, vas, pars ici au pied de l'arbre Bokungu pour que tu trouves ton enfant; il t'appellera avec joie, et il fuira et tu le poursuivras, afin que tu l'arrêtes. Puis tu jetteras des flèches en direction de ses amis pour qu'ils fuient". L'homme vint et fit comme le vieillard lui disait. Et arrêta son enfant, il l'amena au village et annonça la bienvenue et il donna à la femme son enfant. La femme alla au village, et alla déserter le mari pour d'autres hommes. Et la femme eut une affaire et l'on apporta au premier. Il la condamna et l'amena à mort; et puis on tua la femme. Mais la femme cherchait avant tout que son mari l'aime; mais après le mari la détesta et la persécuta encore.

61. LA MANIERE DE MANGER LES ALIMENTS.
Nous ne vivons pas pour que nous mangeons les aliments; mais nous mangeons pour vivre.
Nous mangeons des chikwangues, de la viande, du poisson, des bananes, des légumes, du maïs, du riz, des fruits de palme et d'autres, et beaucoup de sortes de fruits. Nous buvons de l'eau potable.
Certaines personnes se rassasient beaucoup. Après elles sentent leurs ventres gonflés, et elles n'ont plus moyen de se tenir debout ou de travailler. Ceux-là n'ont plus de force.
D'autres mangent les aliments durant toute la journée comme le veut leur cœur. Mais de cette manière le ventre devient le maître de l'âme qui reçoit toutes les choses comme le veut le cœur. Il est bon que nous mangeons aux heures prévues.
Les chrétiens font la prière de louange et de remerciement avant et après le repas. Ils ne mangent pas avec un grand désir comme font les bêtes, mais ils contemplent la bienfaisance de Dieu qui plaçait toutes les créatures pour notre bonheur de l'âme et du corps.

62. LE JEUNE ET LE CHIEN.
Un jeune jouait avec un chien grand et fort. Il le tira par la queue, il le tira les oreilles, il monta sur son dos; il mit la main dans sa gueule. Ce chien ne se fâcha pas pour ces actes.
Un chat était là, regarda comment le chien joue avec le jeune. Il dit au chien: "Cet enfant des hommes t'ennuie ainsi et puis toi imbécile tu acceptes ses exactions. Si c'était moi je le gratterais avec mes griffes pour qu'il lance des cris de douleur".
Mais le chien répondait: "Toi, le chat tu ourdis beaucoup de complots et perfidies aux personnes. Cette manière n'est pas bonne. Terrasser une faible personne n'est pas une chose d'honneur. Quand il parle il chasse ce chat. Le chat cependant monta sur un arbre pour fuir la menace.

63. IMANYA ET L'OGRE.[Contes d'ogres, n°36, p.143-145]
Un homme au nom Imanya alla dans la forêt. il construisit une hutte de palmes. Il voie arriver un ogre, il dit: "Viens, asseyons-nous ensemble". L'ogre dit: "C'est bien". Imanya alla dans la forêt, il tua deux sangliers et un singe. Et il revint. Il fit trois paquets, il prépara des bananes. Des bananes étaient cuites, et déballa des paquets. L'ogre avala tous les paquets. Tous les jours comme ça. Un jour il revint encore, et l'ogre dit: "Verse de l'eau pour moi". Et puis Imanya alla à la divination chez le colibri. Le colibri dit: "Là où tu vas, tse tse tselenge; verse-le une calebasse de boisson".Quand l'ogre but il devint ivre. Et puis Imanya prit toutes les bêtes de l'ogre, même des batteurs de bananes avec lesquelles il tua les hommes. Et puis il partit.
Après lui, l'ogre l'appela: "Imanya attends-moi". Mais Imanya fuit avec son chien. Ils partirent, ils trouvent du miel dans le creux d'un arbre. Il monta, il voit que l'ogre sortit, disant: "Par où es-tu passé?". L'homme dit: "Amène-moi une liane afin que je te tire". L'ogre coupa une liane, et il se lia au cou. L'homme l'entraîna, dès qu'il approcha, l'homme coupa la liane, et l'ogre tombe, s'exclamant: "Maman, je meurs". L'homme le frappa en morceaux plusieurs fois mais il ne meurt pas. Et puis l'ogre dit: "Donne à moi que je goutte". Il accepta. Il dit: "Quel arôme. Comment tu as eu cela?" L'homme dit: "Fixe la tête dans la ruche pour que tu en prennes". L'ogre y appliqua la tête. Et il le poussa et l'homme s'enfuit, lui avec son chien.
L'ogre dit: "L'arbre fend". Et l'arbre se fendit, quand l'homme partit, il trouve des fruits charnus de palme et il voit que l'ogre vint. Il lance l'homme un morceau d'arbre. L'homme dit: "Laisse un peu". L'ogre dit: "Par où tu montas?" L'homme dit: "Monte sur le pétiole de palme". L'ogre frappe l'homme le batteurs de bananes. L'homme dit: "Laisse un peu". L'ogre dit: "Comment tu as cueilli?" L'homme dit: "Avec la tête". L'ogre mit la tête, et l'homme le poussa. Et puis il s'enfuit avec son chien, et ils vinrent au village. Dès qu'ils voient l'ogre venir, des personnes le poursuivirent. C'était la fin de la fable, c'était la fin d'une petite nouvelle, frappez les genoux.

64. LE TESTAMENT D'UN VIEUX.
Un vieux voulait mourir. Il avait beaucoup d'enfants et petits-enfants. Et il les appelait tous chez lui. Ils se réunissaient là. Et puis il leur dit: "Mes enfants, sachez que ma vie ici au monde est terminée. Je m'en vais chez Dieu qui m'a créé. Avant tout je veux vous laisser mon testament. Je vous laisse l'intelligence qui augmentait la force dans ma vie entière. Regardez attentivement, ne l'oubliez jamais. Il y a six instructions.
1. Le péché ne rend pas une personne heureuse.
2. Des travaux durant les jours de précepte ne procurent pas le bonheur.
3. Une personne ne s'approprie pas les choses d'autrui.
4. Une personne ne tombe pas dans la misère parce qu'elle partageait.
5. La prière ne fait pas un fantôme d'une personne;
6. Un enfant pétulant et têtu n'aura ni bonheur ni joie.
Ses enfants observaient les instructions de leur père avec soin, et ils ont eu la bénédiction de Dieu, et ils vivaient d'une bonne manière.

65. LE CHAMP ET LA RICHESSE.
Il y avait un homme, il arriva près de mourir. Il appela ses enfants et leur dit: 'Enfants, ne vendez pas la terre que nos ancêtres nous ont léguée. Beaucoup d'argent y est caché. Je ne dis pas l'endroit où il est caché. Cherchez avec persévérance et puis vous le trouverez vous-mêmes. Ne vous lassez pas. Labourez, creusez, faites les champs. Ne laissez pas un endroit sans travailler.
Ils dormirent; le matin, l'homme mourut. Ils le pleurèrent beaucoup avec tristesse. Et puis le matin ils allèrent enterrer le cadavre. Ils revinrent du cimetière, ils finirent les affaires du deuil et des pleurs. Et puis ils allèrent faire des champs avec force comme leur père les disait; ils plantèrent plusieurs sortes des choses. Ils mangèrent et vendirent. Mais ils n'ont pas trouvé l'argent dont leur père avait parlé qui était caché dans le sol. Mais lorsqu'ils travaillèrent avec force et sans se lasser, ils épargnèrent beaucoup d'argent et ils eurent le bonheur. Et ils reconnurent que la richesse dont leur père avait parlé se trouve enterré dans le sol, c'est l'argent reçu par des travaux avec des sueurs.

66. L'OGRE ET LES HOMMES. [Contes d'Ogres, n°25, p.104-105]
Des personnes d'un autre village allèrent à la pêche dans un ruisseau et elles écopèrent l'étang d'un ogre. Et puis l'ogre sortit de l'extrémité du ruisseau et dit: "Mon ruisseau vient d'avoir trop de sentiers et trop de pistes. Qui l'écopait". Et puis l'ogre n'attend pas de réponse. Il arriva, il trouva ces personnes endormies, et l'ogre les arrache tous les yeux. Et puis ils se réveillèrent et l'un dit: "Ami, allume du feu". Celui-ci dit: "Je n'ai pas des yeux pour que j'allume du feu". Eux tous se dirent: "Allume du feu" - " Je n'ai pas des yeux pour que j'allume du feu". Et l'ogre emballa tous les yeux et partit avec.
Une personne qui était au village alla à leur suite, où il trouve les gens sans yeux. Et puis elle leur demanda: "Vous étiez venus à la pêche, pourquoi vous êtes assis sans yeux?" Ils dirent comment ils étaient avec l'ogre. Et puis cette personne alla faire un pacte d'amitié avec l'ogre. Et elle dit à l'ogre: "Ami, donne-moi les yeux, moi je te donnerai des bananes mûres". Et l'ogre lui donna les yeux. Et elle vint, elle apporta des bananes mûres à l'ogre et puis ils vinrent au village.

67. LE PERROQUET.
Un autre oiseau c'est le perroquet. Les plumes du perroquet sont grises. Mais sa queue est rouge. Le bec d'un perroquet est grand et puis en crochet et courbé. Il a une grande force pour ramasser les fruits de palme et d'autres fruits. Le perroquet mange des fruits; mais il préfère les noix de palme et les safous. Le perroquet est un oiseau prudent. Ce n'est pas un signe d'intelligence de tuer un perroquet. Le perroquet appartient au groupe des grimpeurs. Parce que ses griffes conviennent pour monter aux branches d'arbres de tous les côtés. Il s'entraîne qu'avec son bec très fort. Ses orteils sont disposés deux du côté de l'avant et deux du côté de l'arrière. Il entoure des branches avec des orteils.
Le perroquet est un oiseau pétulant. Sa parole est comme celle d'une personne sans intelligence. Le perroquet ne fait pas un voyage sans faire du bruit. On chante cette fable très juste. Les perroquets ne veulent pas la solitude. Ils veulent être en groupe. Ils volent ensemble et ils vont dormir ensemble en groupe. Nous pouvons élever des perroquets comme animal domestique, et nous pouvons l'enseigner comment parler. Quand le perroquet parle, il ne comprend pas comme un homme. Il fait sortir tous ces mots sans réfléchir, rien qu'avec la singerie des paroles qu'il écoute.
Les perroquets abondent dans notre pays, car ils trouvent beaucoup de nourriture ici, et ils ne trouvent pas la carence.

68. UNE FEMME ET QUATRE ENFANTS.
Il y avait une femme, qui mit au monde quatre enfants. Un jour elle planta des aubergines derrière la maison. Les aubergines devinrent nombreuses. Un jour la mère rassembla ses enfants et leur dit: "Mes enfants, regardez, j'ai planté mes aubergines derrière la maison. Mais si je prépare, je vous les donnera, ne prenez pas sans permission; je ne veux pas cela". Peu après la femme partit au champ. Quand elle partit, tous les enfants restèrent. Il fait jour, et puis ils eurent faim. L'aîné dit aux puînés: "Prenez pour nous quatre aubergines afin que nos mangeons, parce que nous avons faim". Mais les puînés leur répondirent: "Non, il ne convient pas que nous prenions sans la permission de notre maman" A l'instant où ils parlaient ainsi, l'aîné se fâcha, il dit: "Je vous ai dit pour que vous preniez des aubergines pour nous, puis vous ne voulez pas. Mais si moi je prends, ne dites pas que c'est moi qui les a prises. Et puis il partit cueillir six aubergines, il prépara et mangea. Et il redit aux puînés: "Ne dites pas à maman que c'était moi". Si quelqu'un me dénonce à maman c'est à dire cela sera entre moi. Les puînés disent: "Il n'y a rien, nous ne trahisons pas".
Peu de temps après la mère revint du champ. Elle déposa sa hotte et puis elle alla derrière la maison contrôler les aubergines. Elle trouve que six aubergines ne sont pas là, sont enlevées. Et puis elle revint pour demander aux enfants: "Qui a pris mes aubergines?" Et eux tous répondirent: "Maman pourquoi tu nous demande qui de nous a pris des aubergines? " Et la mère dit: "Comme vous n'aviez pas consenti, nous partons au fleuve, je vais vous noyer dans l'eau vous tous, on verra celui qui a pris des aubergines".
Ils partirent, arrivés au fleuve, la mère prit le cadet, elle le noya et l'enfant dit: "Je n'ai pas mangé les aubergines de maman, et je n'ai pas mangé la courge du père, l'eau de canal m'emportent, l'Ikakela noir m'emporte.". Et la mère dit au génie de cet endroit: "Si mon enfant a prit l'aubergine, tue-le pour du bon". Et l'enfant ne mourut pas.
La mère noya un autre. Et parla comme auparavant. Ensuite il noya le troisième et il survécu. Mais quand elle noya l'aîné le génie le porta pour toujours.

69. ITSWANSENGE.
Un homme au nom d'Itswansenge avait deux femmes. Et il établit sa clôture de chasse. Il avait une mais haute maison. Il avait une femme au nom de Yansolomwa aux longues mamelles et une autre au nom de Yalikate. L'homme alla à la clôture de chasse et vint avec une bête. Là-dessus il s'approcha de sa haute maison. Il appela la femme et dit: "Yansolomwa, laisse tomber la mamelle". Et Yansolomwa descendit la mamelle et lia la bête à la mamelle. Et là-dessus la femme le retira. Itswansenge monta et ravit la bête à Yansolomwa et la donna à Yalikate. Tous les jours Itswansenge faisait ainsi et fit du tort à Yansolomwa.
Un matin, Itswansenge dit à la femme: "Ma femme, descends afin que j'aille à la chasse". La femme dit: "Non, je ne veux pas, descends, pour que tu partes toi-même". Et le mari dit: "Comment, la maison est si haute et tu dis que tu veux me descendre". Et puis Yansolomwa dit: "Il n'y a rien, on ne bouge pas le poisson wenge durant les eaux hautes, je ne te bouge pas à aller mais au retour tu seras dans le besoin". Elle le fit descendre, et il partit. Il trouva la chambre à coucher des ogres. Il prit toutes leurs choses. Sur place, les ogres reviennent de leurs voyages et trouvent qu'on a pris leurs choses. Ils poursuivirent cet homme. Et quand Itswansenge était près de sa maison il appela la femme, il dit: "Yansolomwa, laisse tomber la mamelle". Et Yansolomwa dit: "Pas moi. Moi ne puis-je pas te sauver ce jour? Tu viens avec des bêtes, je te retire et arrivé ici tu me la ravis et tu la donnes à ta femme Yalakate. Appelle cette femme, pour qu'elle te retire". Et il pria la femme: "Prends-moi, je ne te refuserai pas des bêtes". Yalikate pria sa sœur aînée: "Prends notre mari, moi je ne te refuse pas des bêtes, pourquoi tu le laisses? Pardon, pardon, prends pour nous notre mari". Et puis Yansolomwa le prit. Les ogres retournèrent.
Le matin il dit: " Yansolomwa, descends-moi". Elle le descend. Il se rencontra avec les ogres et il courut. La femme le prit et puis il vint avec deux bêtes. Il les refusa à Yansolomwa et les donna à Yalikate. Et Yalikate dit: "Comment, Itswansenge, es-tu stupide? Tu es sauvé par cette personne et puis tu la refuses des bêtes? Itswansenge donna une raclée à cette femme et le soleil se coucha. Et il poignit, et il dit: "Yansolomwa, descends-moi". Et elle le fit descendre. Il partit longtemps et il passa dans un enchevêtrement et puis il rencontra ogre. Et l'ogre le poursuivit. Il arriva à l'endroit où il appelle souvent sa femme. Les ogres se rapprochèrent lui il dit: "Laisse tomber la mamelle". Yansolomwa dit: "Laisse, ne m'appelle pas, si tu m'appelles, j'appellerai des mânes pour toi". A l'instant les ogres arrêtèrent Itswansenge, et le tuèrent. La femme Yalikate pleura. Mais Yansolomwa partit d'un autre côté dans un autre mariage.

70. L'AMOUR DU PROCHAIN.
Nos ancêtres nous enseignaient que nous devons aider nos amis. Beaucoup de leurs fables expliquent leur bon conseil. Jésus-Christ nous ordonne par ce commandement, que nous devons aimer le prochain et leur montrer l'amour et l'aide pour eux et la consolation dans les souffrances. L'enseignement des ancêtres et l'enseignement de Jésus-Christ sont-ils donc un seul enseignement ? Non, ces deux enseignements sont égaux d'un côté, mais d'autre part ils diffèrent beaucoup. Ce que nos ancêtres appellent prochain sont des parents, des amis et ceux à qui nous sommes apparentés ou d'autres personnes qui peuvent nous servir aussi. Ce que Jésus appelle le prochain c'est à dire toutes les personnes sans distinctions, mêmes si elles ne nous aident pas. Si nous n'aimons que les personnes dont parlent les ancêtres, où est la différence avec les païens? Dieu nous a ordonné que nous aimions les amis à cause de lui. Il ne convient pas d'aider les personnes dans le péché. Si Dieu défend une chose, il ne peut pas que nous servions des amis pour cette affaire, nous ne pouvons pas les aider à faire le mal. Si nous servions des personnes pour leur péché, ce n'est pas un service mais c'est gâter leur âme et même le notre. De cette manière nous participons au péché d'autres personnes.
Beaucoup de personnes font de péchés par cette mauvaise manière de servir. Chez les vieillards comme chez les jeunes. Beaucoup d'élèves aident les amis pour répondre aux questions du maître ou dans l'imitation des travaux commandés.
Il est bon de servir toutes les personnes pour Dieu. Il ne suffit pas que nous cherchions des récompenses des personnes pour nos bons travaux. Donc Dieu même nous récompensera si nous aurons aimé les hommes avec ou son amour.

71. BOTOLO ET SES CHEVRES.
Il y avait un homme au nom de Botolo; il avait beaucoup de chèvres. Il construisait une grande étable pour ses chèvres. Mais Botolo était un trompeur de gens. Un jour tous les gens de la rue dormirent et Botolo cherchait à tromper les gens. Il lança des cris et il appela en criant fortement: "Mes amis, voici le léopard, il veut attraper des chèvres; réveillez-vous, chassons-le". Quand les gens écoutaient les cris, ils se réveillèrent, ils sortirent avec des tissons et torches. Ils prirent leurs arcs et flèches, ils coururent chez Botolo. Botolo rit, il dit: "Vous tous, vous dormiez, je vous ai réveillés, je vous ai trompés tous avec grande duperie". Mais les gens se fâchèrent beaucoup à cause de la manière de Botolo.
Quelques semaines passèrent, et Botolo faisait sortir toutes ses chèvres, il les laissa partir à l'ancien emplacement, là où il y avait beaucoup d'herbes. Des chèvres mangent des herbes et soudain le léopard sortit de la forêt, Botolo fut immobile de peur, il cria avec beaucoup de force: "Amis, venez, voici le léopard qui veut attraper mes chèvres". Les gens étaient les uns dans la forêt, des autres aux champs. Ils entendaient des cris de Botolo. Mais ils se disent: "Ce misérable Botolo, il essaie de nous tromper encore une fois". Tous restèrent chez eux, aucun d'eux allait sauver Botolo. Et le léopard attrapa les unes et tua les autres, et le reste se dispersa. Un menteur n'est pas cru.

72. LA TORTUE, LE LEOPARD ET LE CHIMPANZE.[Fables mongo n° 16, p.372-375]
La tortue prenait une personne chez le léopard; elle en prit une autre chez le chimpanzé. Le léopard vint chez la tortue, dit: "Tortue, tu avais pris ma personne depuis longtemps; pourquoi tu ne me le ramène pas?" La tortue dit: "Regarde, moi je m'en vais à l'assemblée, et si tu trouves le chimpanzé assis, c'est ta personne, et tu l'arrêtes". La tortue partit, elle rencontra le chimpanzé. Le chimpanzé dit: "Tortue, où vas-tu?" La tortue dit: "je vais à l'assemblée". Le chimpanzé dit: "Donne-moi la personne que tu avais prise". La tortue dit: "Vas, si tu trouves le léopard assis, c'est ta personne". Le chimpanzé partit. Il trouve le léopard assis, il dit: "Voici ma personne, je l'arrête". Le léopard saisit le chimpanzé; le chimpanzé le projette. Le chimpanzé saisit le léopard; le léopard le projette. L'un donna un coup de griffes à l'ami. L'autre brisa les côtes de l'ami par un coup de main. Et les gens disent: "Cessez de vous battre. Appelez la tortue". Ils appelèrent la tortue. Toutes les tortues sortirent, elles vinrent. Ils demandèrent une tortue. Cette tortue dit: "Moi je ne sais pas. Suis-je responsable pour toutes les tortues? Spécifie la tortue que tu as vue. Le chimpanzé et le léopard ne connaissent pas la tortue avec laquelle ils avaient l'affaire: elles sont toutes semblables.

73. LA FLEUR ET LE NUAGE.
Un jour il faisait chaud, une fleur poussait au bord de la route. Le soleil la tourmenta beaucoup par sa chaleur. Cette fleur inclina sa bonne tête à cause de cette chaleur. Le soleil eut pitié d'elle.
Elle vit des nuages passer au-dessus d'elle comme des feuilles sèches de bananes servant d'étoupe. La fleur essaya de se plaindre à cause de la chaleur. Elle lança des cris: "Je meurs de cette chaleur, j'ai une grande soif". Le nuage écouta cette parole et il eut pitié de la fleur. Il la laissa pleuvoir quelques gouttes fraîches.
La fleur eut la joie et elle devint encore forte. Quand elle s'est relevée elle remercia le nuage pour sa bienfaisance. Mais le nuage était déjà disparu. Il ne voulait pas le louange et la réputation pour son action miséricordieuse d'aide à cette fleur.

74. LE LEOPARD ET L'ANTILOPE-NAINE.
Le léopard et l'intelligent antilope-naine partirent chez la belle-famille du léopard. Ils arrivèrent en forêt, ils voient un ruisselet qui coule. Le léopard dit: "Antilope-naine, maintenant que nous marchons, quand nous arrivons chez ma belle-mère, dès qu'elle met la nourriture au feu, et quand je dis: "sefe, sefe, cœur, cœur, rejoins l'eau limpide", alors tu reviendras puiser de l'eau ici. Et l'antilope naine consentit. Arrivée dans le marais l'antilope naine dit: "Frère aîné léopard, attends-moi je vais faire mes besoins, je m'écarte un peu de la route". Elle s'écarte de la route. Elle retourna, elle partit pour puiser de l'eau, elle la mit dans son sac. Et elle revint. Ils partirent, ils trouvent le fleuve, et le léopard dit: "Antilope-naine, viens, jetons des couteaux dans l'eau". Et le léopard jeta un morceau de loalala dans l'eau. Et l'antilope naine prit son morceau de loalala, elle le jeta. Et puis le léopard lève son couteau. L' antilope naine lève son couteau. Et puis ils partirent, ils arrivèrent à la belle-famille. On prépara la nourriture; on apporta. Et puis le léopard dit: "Sefe, sefe, cachut, l'eau claire". Et puis l' antilope-naine déballa l'eau, elle la donna. Et le léopard se fâcha parce qu'ils mangèrent de la nourriture tous deux;
Le matin, le léopard dit: "Antilope naine, viens, traçons une laie. Et ils posèrent des marques. Le léopard alla mettre où il avait arrêté celle de l' antilope naine, à la base de l'arbre bokungu. Et l'antilope naine alla mettre le sien à la base du bokungu. Et le léopard alla mettre de l'huile sur la route de l'antilope naine. Et quand l'antilope naine sortit, elle prit cette huile et elle alla la mettre chez le léopard. Et elle remplaça de l'eau chez elle. Et puis la nuit, le léopard attrapa la chèvre du beau-père et il courut avec. Et il heurta l'huile qui ferma ses yeux à demi: il heurta l'empattement; on l'arrêta. L'antilope naine courut, rentra au village. Le léopard chercha de déranger l' antilope naine, mais l' antilope naine était intelligente.

75. ILALINGA ET LA FEMME.
Ilalinga avait sa femme. Ilalinga tendit des pièges. Il alla les inspecter et il trouva un écureuil. Il vint avec et la femme le prépara et ils mangèrent. Lorsqu'il revint trouver un autre; et puis quand au passage on le lui demanda, et il partaga. Et il partit chez la femme. La femme dit: "Où est la bête," Il dit: "Je l'ai partagé". Elle dit: "Tu l'as partagé, à qui tu l'as donné?" Il dit: "Je l'ai donné aux gens qui m'ont demandé". Et elle dit: "Pourquoi tu les a donné?" Le mari dit: "Je l'ai donné parce qu'ils me l'ont demandé". La femme dit: "Tu es fou, toi et moi nous sommes ensemble, et toi tu partages une chose sans que moi je le sache". Et la femme se fâcha très fort. Et les gens les empêchèrent.
Ils appelèrent les gens, ils vinrent faire des dépositions. Ils condamnèrent le mari. Ils les conseillèrent: "L'un ne peut pas vendre une chose si l'ami n'est pas là. Le mari ne vend pas si la femme n'est pas là, et la femme ne vend pas si le mari n'est pas là". A savoir c'était quand les femmes et les maris ont eu des palabres.

76. LA PLUME.
Je ne suis qu'une petite chose, mais je ne suis pas un simple objet. Ils m'ont fabriqué pour que je travaille pour les gens. Et puis par la langue, je parle toutes les choses intelligentes qu'ils me commandent. Les amis et les parents, malgré qu'ils soient éloignés, ils ne se trompent pas dans les paroles si je cause avec eux. Je ai ni jambes ni pieds, mais j'ai une marche rapide et soigneuse. Je suis noire de l'encre qu'on me trempe, mais mes œuvres sont belles, et les gens les apprécient. Je ne refuse pas l'ordre de mon maître, j'incline comme il veut. Je n'ai pas de réputation aux yeux des hommes, ils ne louent que l'écrivain. Je ne suis qu'un moyen, je suis fait comme cela. Je ne déteste pas cette humble existence. Je ne désire que travailler pour des gens.

77. L'EPOUVANTE D'UN PYTON.
Il y avait une forêt mitoyenne entre deux villages. Et le python avala l'antilope naine. Il entra dans cette forêt; il dormit au pied des lianes bekombe. La petite liane bokombe poussa, elle perça le ventre de python et sortit du côte du dos et se répandit en haut. Le python finit par évacuer. Quand il voulut partir il fut retenu par la liane lokombe; et il se secoua, le fourré de lianes bougeait. Et tous les gens qui passaient fuyaient; ils pensaient que c'étaient des épouvantails. Un jour un homme passait et attendit cette épouvantail. Il dit: "Moi, je ne pars pas. Je vois un peu cette épouvantail". Il s'arrêta longtemps, et ne voit rien. Il s'écarta de la route; il trouve un python entouré d'une liane. Et cet homme le tua. Tu fuis l'épouvantail avec vitesse sans la voir et tu ne fuiras même pas un homme.

78. LES TROIS AMIS.
Un homme avait trois amis. Il en aimait deux, mais il négligeait l'autre. Un jour on l'amena à un jugement. Il appela ses amis, et il dit: "Venez, partons au jugement: Aidez-moi, jugez avec soin cette affaire pour moi". Le premier dit: "Ca ne va pas, maintenant des travaux sont nombreux chez moi, je n'ai pas le moyen de partir". Mais un autre ami l'accompagne. Ils partirent. Dès qu'ils arrivent près de l'hangar du jugement, cet ami s'arrêta, retourna, rentra au village. Mais le troisième ami celui qu'il négligeait, le poursuivit et entra dans l'affaire. Il défendit son ami avec une grande intelligence, et il le défendait l'affaire avec force, et il fit une belle défense pour que l'ami ne soit pas pris pour coupable. Les juges consentirent et ils l'ont donné raison.
Un homme du village a trois amis, un jour Dieu l'appelera au jugement. Son, ami qu'il aimait beaucoup, au nom de Likonja (argent), lui abandonna, ne l'accompagna pas. Ses parents et amis partent avec lui, mais ils arrivent au tombeau et s'arrêtent, retournent, rentrent à leurs villages, le fuient. Cet ami qu'il négligeait au monde ne l'abandonne pas, il part avec lui au jugement, ce sont les bons actes. L'homme ne gagne le procès au jugement de Dieu qu'avec ça.

79. LE RAT DE GAMBIE.
Le rat de gambie pleurait sa mère,
La mère ne l'envoyait pas: "Vas,
Vas, tu étendras la queue durant la marche".
La viande de rat de gambie a de la graisse,
Quand coupait le jeune avec les fruits de palme.
Il est sur le pétiole de palme, il est sur la corde à grimper.
La mère disait: "Comment mon enfant tu égales l'écureuil
et le chien aussi, le beau-frère du daman et tous les oiseaux".

80. LE PERE ET L'ENFANT.
Le père et l'enfant partirent à la clôture de chasse, et ils arrivèrent dans une hutte. L'enfant prépara des bananes et battit ces bananes, trois bananes braisés. Et il partage à demie chacun. Et ils mangèrent.
Un jour l'enfant prépara d'autres aliments et battit des bananes, six bananes, et ils partagèrent ces bananes trois à trois, comme d'habitude. Le père dit: "Celui-ci est mon enfant, et moi je suis le père, comment partager la nourriture équitablement,". Le père dit: "Mon enfant, passe, rentrons au village". Ils emballèrent toutes leurs choses et des bêtes et des poissons, ils se levèrent, ils rentrèrent au village.
Quand ils arrivent en route, le père mourut. L'enfant courut il rentra au village, chercha des gens pour ramasser le père qui mourait. Quand il arrive au village, il trouva son père danser des chansons d'écot. Et l'enfant dit: "Mon père est ici, il vit, il vint au village. Moi je retourne pour chercher des choses restées". Quand il retourne pour des choses, il trouve le père toujours mort. Et il courut à nouveau pour chercher des gens qui peuvent transporter le cadavre de son père. Dès qu'il arriva au village, il trouva la danse des chansons d'écot. Et il dit: "Comment est cette affaire? Mon père et moi nous étions venus de la clôture de chasse pour rentrer au village; puis le père mourut en route, quand je partis chercher des gens pour ramasser le cadavre, j'y trouve papa qui danse des chansons d'écot". Puis l'enfant dit: "Moi, je pars, je ne prendrai que les seules choses, pour que le cadavre de mon père reste". Et quand l'enfant voulut retourner dans la forêt, le père l'arrêta. Il dit à tous les gens l'affaire que l'enfant faisait au père, que l'enfant prépara la nourriture toujours et partage égal. Et les gens reprochèrent l'enfant, ils le conseillèrent: "ne faites plus comme tu as fait. Le père dit: "Vas chercher tes choses, tu ne me trouveras pas là. Mais tu ne recommenceras pas ainsi". Ainsi terminé l'affaire.

81. LE SAFOUTIER ET L'ARBRISSEAU.
Un dimanche le père et l'enfant se promenaient. Il vit un arbrisseau incliné par le vent qui le bougeait. Le père dit à son enfant: "Mon enfant, regarde cet arbrisseau qui était droit auparavant et maintenant il reste incliné. Vas le redresser". Et l'enfant obéit à son père, et il partit redresser l'arbrisseau. Il ne traîna pas, et l'arbrisseau se redressa, se levant tout droit. Le père lui dit: "Bien, mais regarde ce grand safoutier. Il est plus courbé. Tu vas le redresser comme tu avais redressé l'arbrisseau". L'enfant répondit au père: "Père, comment? Ton ordre ne réussira pas. Si c'était un petit safoutier j'allais le redresser. Mais il est devenu vieux, je ne puis pas". Le père ne pressa pas l'enfant, mais il consentit: 'Enfant, tu parles juste. L'arbrisseau peut être redressé, le vieil arbre ne le peut pas. L'homme du village s'il est jeune il n'est pas difficile d'arranger ses défauts. Mais si l'homme devient vieux, il lui devient très difficile d'arranger sa conduite".

82. LE CAIMAN ET LE CROCODILE.
Le caïman et le crocodile sont des animaux aquatiques. Ils n'ont pas de poils comme l'hippopotame. Ils ont des écailles comme des varans, des lézards et certains poissons. Leur vie est dans l'eau. Leurs nourritures ne sont que dans l'eau. Quand ils viennent sur la terre; ils n'ont pas de force, ne savent pas marcher avec leurs petites pattes courtes. Mais dans l'eau ils nagent rapidement. Ils mangent beaucoup de poissons.
Le caïman attrape et des bêtes et des humains. C'est à dire si une personne se jette dans l'eau ou se lave au port, si le caïman est là il l'attrape, il l'entraîne avec ses dents tranchantes et l'emporte pour qu'il lemange. Le caïman est un très mauvais animal. Il ne fuit que des chahuts. Mais le caïman n'a pas de maître, comme certains gens le disent. Il est un animal que Dieu a créé. Il attrape des personnes par sa nature de férocité.
Des caïmans ne se voient pas souvent dans nos fleuves, sauf en aval tout près de Mbandaka. Mais ils abondent dans d'autres affluents du Congo, et dans l'eau de certains villages.
Les caïmans pondent leurs œufs dans des galeries qu'ils creusent et aux bancs de sable, ou dans des rives. Et puis leurs œufs cassent par le soleil.
Les crocodiles et caïmans apprécient bien le soleil. Durant les eaux hautes ils ne se voient pas, mais durant les eaux basses nous voyons beaucoup de crocodiles en troupes; ils se chauffent au soleil sur des bancs de sable et sur les arbres couchés. Quand ils se chauffent au soleil et se couchent, ils ne fuient pas le chahut malgré le renflement du bateau. Et les gens les tuent beaucoup avec les fusils. Mais souvent s'ils ne les touchent pas avec adresse, ils ne meurent pas et se jettent dans l'eau floc ; ils s'enfoncent pour du bon.
Le crocodile a une gueule longue, le caïman a une courte gueule, et puis il a une crête sur le dos.
Le crocodile de marais a une forme comme une crocodile. Mais il est petit et ne se voit pas dans le fleuve. Seulement dans les rivières et grands ruisseaux et dans les criques.

83. LE PUINE ET SON FRERE AINE.
Le puîné et le frère des deux étaient des patriarches: l'un avait vingt femmes et l'autre vingt femmes. Mais le frère aîné était jaloux de son puîné. Il reçut un talisman pour qu'il tue son puîné, afin qu'il prenne ses femmes. Le puîné reçut son talisman.
Le frère aîné trouve des chenilles sur l'arbre bonjolo. Il appela le puîné, dit: "Mon puîné, viens monte sur l'arbre pour chercher des chenilles, je les vois sur cet arbre bonjolo. Le puîné décrocha son talisman et il le mit au cou. Ils arrivèrent sur l'arbre de chenilles. Le puîné coupa une liane à grimper quand il arriva aux chenilles, il dit au frère aîné: "Frère aîné prends mon talisman, mets le au cou". Le frère aîné mit le talisman au cou. Quand le puîné arriva en haut, le frère aîné donna un coup de main à l'arbre, dit: "Bonjolo croit vite". Si tôt Bonjolo arriva tout près des nuages: le puîné ne voit plus la terre. Le puîné dit: "Mon talisman, serre le cou, talisman". Si tôt le talisman serre le cou du frère aîné: des larves sortirent de la bouche, du sang sortit du nez. Le frère aîné donna un coup à l'arbre, il dit: "Bonjolo, descends". Si tôt Bonjolo descendit en bas. Quand Bonjolo descendit, le puîné dit: "Mon talisman, laisse le cou, laisse". Sur place le talisman délia le cou. Le frère aîné vit. Le puîné aussi vit. Le puîné dit au frère aîné: "Frère aîné pourquoi me tues-tu?" Ils arrivèrent au village et dirent aux patriarches cette affaire au puîné. Parce que le frère aîné avait l'envie et la jalousie au cœur. Les patriarches les conseillèrent. Ils restèrent bien.

84. LES MOUCHES.
Quand la mère d'une grande mouche bleue était prête à mourir elle rassembla ses trois enfants. Elle leur dit: "Enfants, je vous laisse un conseil, le l'oubliez pas. Les trois choses qui nous amènent nous les mouches à la mort sont: du miel, la boisson et le feu".
Le cadet rit et dit: "Oh une excellente chose du miel, pourquoi nous ne le mangeons pas?" Elle vit du miel et elle s'y posa avec joie. Le miel arrêta ses petites pattes, elles sont enveloppées par le miel, elle est fort engluée. La mouche ne cesse pas de souffler, elle ne se décolle pas; elle moura la-dessus.
Une autre petite mouche répugna le conseil de sa mère. Elle dit: "J'essayerai la boisson avant; une chose très sucrée dans la bouche, pourquoi je la laisse?" Un jour elle se pose sur le bord d'une coupe, elle bu de la boisson, elle moura.
Une seul restait, elle pensa ainsi: "Le miel est un homme trompeur, la boisson est une grande menteuse. Mais le feu n'est pas comme ça. Le feu n'est pas égal au miel, et n'est pas égal à la boisson. Le rayonnement du feu est bon et très beau. Elle s'envola, elle tourna beaucoup autour de la lampe. Et qu'elle était toute proche elle se jeta dans le feu. Elle moura avec beaucoup de douleurs.